Gros salaires: les CFF se justifient
Les salaires des six managers des CFF ont augmenté de plus de 50% en trois ans. Selon la direction, qui s'est expliquée ce mardi, l'adaptation des structures salariales des cadres répond aux impératifs du marché. La controverse continue.
Cette année, l’ensemble des salaires et des bonus prévus pour les directeurs des Chemins de fer fédéraux devraient se situer dans une fourchette de 2,2 à 3,3 millions de francs.
«Le chiffre supérieur ne devrait toutefois pas être atteint», assure Thierry Lalive d’Epinay, président de conseil d’administration de l’entreprise. «Pour que l’ensemble des gratifications soient distribuées, il faudrait que les CFF réalisent la quasi totalité des objectifs fixés.
Une situation peu probable si l’on en croit la direction. Ainsi, Thierry Lalive d’Epinay estime que cette année les membres de la direction devraient se partager quelque 2,7 millions de francs, contre 1,9 million l’an passé et 1,75 million en 1999.
C’est moins que les 3,6 millions articulés samedi par le quotidien Berner Zeitung. Reste que, en trois ans, l’augmentation des salaires des top-managers dépasse tout de même les 54%.
Pour la direction, le passage du statut de régie fédérale à celui de société anonyme suffit à expliquer le changement de sa politique salariale. En effet, dans ce domaine aussi, les CFF ont dû s’adapter aux conditions du marché. Et l’engagement de têtes pensantes en provenance de l’étranger a largement contribué à accélérer le processus.
«Nous avons dû gonfler les salaires afin d’engager deux spécialistes internationaux», explique Thierry Lalive d’Epinay. Dès lors, pour gommer la différence entre la rétribution des nouveaux venus et celle des responsables en place, les CFF ont tout simplement revu les hauts salaires, en les augmentant, entre 2000 et 2001, de 42%.
Finalement, cette année, la rémunération du président de la direction des CFF, Benedikt Weibel, devrait atteindre 600 000 francs. «Ce salaire est toujours de 30% inférieur aux normes internationales, s’empresse de rajouter Thierry Lalive d’Epinay.
La direction estime donc avoir réalisé un bon compromis entre les rétributions généralement offertes sur le marché et la situation particulière des CFF qui, soit dit en passant, restent une propriété de la Confédération.
Reste que l’affaire est loin d’être close. La délégation des finances des chambres fédérales a d’ores et déjà fait savoir qu’elle en débattra la semaine prochaine. Quant aux syndicats, ils promettent de durcir le ton.
Vanda Janka
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