La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Japon: UBS Warburg sévèrement sanctionnée

Keystone

UBS Warburg, la maison de titres du groupe financier suisse, est accusée par la Commission japonaise des opérations de bourse de s'être livrée à des transactions sur des obligations liées aux indices. Elles ont précipité la chute de la Bourse et causé des pertes à ses clients.

UBS Warburg a manipulé les cours de certains titres japonais en inondant le marché d’obligations sur indices, avec le but de faire baisser leurs cours en dessous du prix d’exercice. Une façon pour elle d’éviter le payement d’une prime aux détenteurs de ces titres.

Ceux-ci peuvent espérer des rendements élevés si ces obligations liées à des actions atteignent, à une échéance convenue, une valeur supérieure à un prix déterminé.

Dans le cas contraire, ces obligations ne sont remboursées qu’avec des certificats d’actions si leurs cours se traitent en dessous du prix d’exercice ou strike price.

«Les grandes banques étrangères ont réalisé d’énormes profits par la seule émission de ces obligations structurées de telle sorte que leur rendement soit lié à l’indice Nikkei», déclare Keiko Masuda.

Selon cette analyste du journal économique Nikkei «ces banques ont gagné encore plus d’argent en s’arrangeant pour que leurs clients ne touchent pas les hauts rendements qu’on leur promettait. Des clients qui souvent comprenaient très mal la nature de ces instruments financiers très sophistiqués».

La Commission japonaise des opérations en bourse a demandé à UBS Warburg et à Commerzbank AG de couvrir les pertes subies par leurs clients.

Elle cite l’exemple d’un opérateur de la banque suisse qui a artificiellement provoqué la baisse du titre de Nomura – la plus grande maison de commerce japonaise – pour éviter d’avoir à verser des primes coquettes aux propriétaires de telles obligations. Ceux-ci avaient, pourtant, suivi, en toute confiance, les recommandations d’achat de la banque suisse.

La plupart des grandes banques japonaises et étrangères à Tokyo ont abusé de ces transactions liées aux indices. Encore plus, ces dernières semaines, lorsque la Bourse de Tokyo a accéléré sa course à l’abîme pour enfoncer les 13 000 points et inscrire un plus bas depuis 15 ans de 12 133 points.

«Cette chute de la Bourse de Tokyo a reflété, en partie, des ventes massives liées aux produits dérivés, principalement des obligations structurées dont les rendements sont liés à l’indice Nikkei», estime la Commission japonaise des opérations de bourse qui n’apprécie pas qu’un groupe financier suisse aggrave l’agonie de la place financière japonaise.

Georges Baumgartner, Tokyo

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision