L’Etat belge met SAirGroup devant ses engagements
L'Etat belge se dit prêt à discuter de l'avenir de Sabena avec SAirGroup. Mais il rappelle la teneur des «contrats qui existent». En attendant, les deux partenaires ont voté vendredi en faveur de la recapitalisation vitale de la compagnie aérienne.
Réunis au siège social de Sabena à Bruxelles, les actionnaires ont approuvé l’augmentation des fonds propres comme si de rien n’était. SAirGroup versera 140 millions de dollars, l’Etat belge 90 millions, cela avant la fin de la semaine prochaine.
Cette décision, présentée officiellement comme «une formalité», intervient dans le contexte de relations tendues et mouvantes entre les deux principaux actionnaires. Jeudi soir, le conseil d’administration de SAirGroup approuvait la recapitalisation, mais dans la foulée elle faisait savoir que des négociations allaient s’ouvrir avec l’Etat belge «dans les semaines à venir» afin de donner «une plus grande autonomie» à Swissair et Sabena.
La volonté de SAirGroup de reconsidérer son engagement dans Sabena est donc de plus en plus pressante. Le nouveau PDG Eric Honegger, dans une lettre adressée à tous les employés de SAirGroup, admet qu’un «retrait» pur et simple «est une solution possible».
Du côté de l’Etat belge, Elke Jeurissen, porte-parole du ministre responsable Rick Daems, précise que «la base des négociations, ce sont les contrats qui existent». L’allusion porte sur l’accord d’avril 2000, qui faisait passer la participation de SAirGroup de 49,5 à 85% dès l’entrée en vigueur des accords bilatéraux. Accord «reconfirmé en janvier dernier», ajoute Elke Jeurissen.
Autrement dit SAirGroup ne pourra pas se défiler facilement. La presse belge avait estimé le coût contractuel de sa sortie à 500 millions de dollars. L’Etat belge refuse de commenter ce chiffre, au nom de la confidentialité des accords.
Les inquiétudes belges ont été ravivées par les déclarations du ministre suisse de l’économie Pascal Couchepin. Devant des journalistes étrangers, il a décrit Sabena comme une compagnie «sympathique» mais chroniquement déficitaire et n’imposant pas un «hara-kiri» de SAirGroup. Des propos très largement diffusés en Belgique, notamment par la radio publique RTBF qui voit là «la perception suisse de Sabena».
Thierry Zweifel, Bruxelles
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