La guerre du chocolat fait rage au Brésil
Les autorités brésiliennes freinent les velléités d'expansion de Nestlé L'acquisition du chocolatier Garoto a été suspendue.
Nestlé devra attendre le feu vert officiel du Conseil Administratif de Défense Économique (le Cade) avant de pouvoir procéder formellement à l’acquisition de Garoto, troisième plus grand fabricant de chocolat du Brésil.
La transaction – dont le montant atteint 250 millions de dollars – avait été annoncée, il y a un peu plus d’un mois. Si la vente se concrétisait, Nestlé dominerait plus de 50% du marché du chocolat au Brésil, dont les ventes annuelles s’élèvent à plus d’un milliard de dollars.
Les bâtons dans les roues
La concurrence n’a pas apprécié. Et elle tente à présent de mettre des bâtons dans les roues de Nestlé. C’est le cas, notamment, de Kraft, du groupe Philip Morris, qui perdrait ainsi la position de leader sur le marché local.
Le britannique Cadbury, qui souhaitait s’implanter au Brésil grâce à la reprise de Garoto, estime que la suprématie de Nestlé lui barre la route et limite ainsi le choix du consommateur.
Le Cade va désormais examiner l’opération au regard de la législation antitrust. Cela pourrait prendre au moins trois mois.
Vers des restrictions
Pendant ce temps-là, le groupe Nestlé ne pourra procéder à aucun licenciement. Ni à aucune fermeture d’usines. Tout en maintenant l’administration de Garoto tout à fait indépendante.
Il est peu probable que la transaction soit finalement annulée. Mais certaines restrictions pourraient être imposées par le Cade. Comme ce fut le cas, il y a deux ans, lors de la fusion entre les deux plus grands brasseurs brésiliens.
swissinfo/Thierry Ogier Sao Paulo
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