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Le Credit Suisse repart à l’assaut du Japon

Keystone

Le procès qui oppose les autorités japonaises à la banque helvétique et l'un de ses anciens dirigeants doit se conclure le 8 mars. Mais le Credit Suisse Group (CS Group) n'a pas attendu le jugement du tribunal de Tokyo pour repartir à la conquête du marché nippon.

Le Credit Suisse Group est reparti sur un bon pied au pays du soleil levant. Tel est du moins l’avis de ses dirigeants, nommés pour la plupart après la crise de 1999 qui vit l’agence de supervision financière japonaise (FSA) perquisitionner les bureaux de la banque et lui imposer de lourdes sanctions.

Les inspecteurs de la FSA, qui ont également sanctionné d’autres banques, reprochaient à la division «Produits financiers» du Credit Suisse Japon d’avoir aidé des entreprises nipponnes à camoufler leurs dettes.

L’ancien responsable de ce département, Shinji Yamada, a été arrêté, puis relâché. Le jugement à son encontre est également attendu le 8 mars. Shinji Yamada est passible d’une peine de prison ferme de plusieurs mois. Un autre jugement interviendra le même jour dans le procès intenté par les autorités à la banque helvétique.

La réalité est toutefois bien éloignée de ces batailles judiciaires. Depuis la fin de l’année 2000, toutes les sanctions prises à l’égard du Credit Suisse Group au Japon ont été levées. La banque a donc pu reprendre l’ensemble de ces opérations, en se conformant aux règles de l’agence de supervision financière.

Les sept unités du CS Group ayant des activités au Japon (banque d’affaire, assurance, banque d’investissement, fusions et acquisitions…) travaillent de manière indépendante. Un président japonais chargé de représenter l’ensemble, Yuji Suzuki, a été nommé pour en assurer la coordination et maintenir le contact avec les autorités.

Ainsi «réhabilité», le Credit Suisse a accru sa présence au Japon. La banque y compte aujourd’hui 1500 salariés contre la moitié à l’époque des sanctions. Le CS Group démontre ainsi son attachement à la deuxième puissance économique mondiale, où le «Big bang» financier né de l’éclatement de la bulle immobilière des années 80 n’est pas terminé.

Les restructurations bancaires sont nombreuses. La porte est donc ouverte aux banquiers étrangers et le Credit Suisse entend en profiter.

La banque suisse espère surtout profiter de la manne des fonds de pension japonais, jusque-là gérés par les seules banques de l’archipel. Ses dirigeants se réjouissent aussi d’avoir été appelé à nouveau par le gouvernement nippon pour mettre en place une récente émission d’obligations.

Le décloisonnement financier en cours va enfin ouvrir à Winterthur les portes de l’assurance et à Credit Suisse Life (née du rachat de l’assureur japonais Niccos Life) celles de l’assurance-vie.

Philippe Marret, Tokyo

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