Les investisseurs se méfient de la Nouvelle Economie
L'action 4M Technologies a poursuivi sa descente aux enfers, lundi, sur le Nouveau Marché de la Bourse suisse. Mises à mal par la chute des marchés boursiers, les banques et les sociétés de capital-risque ne se risquent plus à financer des start-up technologiques.
La chute de la société 4M est symptomatique de la crise de financement qui touche actuellement toutes les start-up nées à la fin des années 90, lorsque l’engouement des investisseurs pour les entreprises liées à la Nouvelle Economie était à son paroxysme.
Active dans la fabrication de CD et de DVD, 4M n’a pas réussi à obtenir de nouveaux fonds auprès des banques. Les investisseurs ne croient plus dans le futur de l’entreprise d’Yverdon. Car son secteur souffre d’une surcapacité et seuls les grands groupes survivront à la guerre des prix qui fait rage.
Retour aux valeurs traditionnelles
Bref, non seulement 4M n’a pas la taille critique pour lutter face à la concurrence, mais en plus le marché potentiel pour ses produits a été nettement surestimé. Des détails qui n’ont préoccupé personne lors de l’euphorie des années 90. De nombreuses start-up ont ramassé des millions en profitant de la fascination générale.
Aujourd’hui, la Nouvelle Economie est descendue de son nuage et les investisseurs reviennent aux valeurs de business traditionnelles. Les financiers redécouvrent les études de marché, les analyses de profitabilité, la gestion des coûts et les tests avec les utilisateurs.
Devenues très raisonnables, les sociétés de capital-risque misent maintenant sur des technologies ou des services ayant déjà fait leurs preuves ou avec un business plan en béton. Le problème, c’est qu’après avoir encensé n’importe quelle start-up, les investisseurs ont tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain.
Mission impossible
Désormais, même des sociétés bien implantées, avec un bilan sain, sont victimes de l’inquiétude générale qui frappe les marchés. Ainsi, des entreprises actives dans le secteur médical, comme Synthes-Stratec ou Disetronic, qui enregistrent de bons résultats, sont malmenées en Bourse.
Pour une nouvelle société, trouver du capital pour se développer est devenu «mission impossible». La chute des cours a mis à mal la confiance des investisseurs qui n’osent plus s’aventurer sur ce terrain.
La tempête qui dévaste le secteur technologique frappe sans trop de discernement. Les fonds d’investissements qui ont perdu des milliards préfèrent s’abstenir ou miser sur des sociétés classiques, déjà établies. Il faudra attendre que les marchés boursiers reprennent durablement des forces pour que les sociétés de capital-risque consentent à reprendre des risques.
Luigino Canal
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