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Pour que la libéralisation profite aussi aux femmes

Les femmes peuvent être aussi victime de politiques commerciales qui ne tiennent pas compte de leur situation. swissinfo.ch

A l'occasion de la journée mondiale de la femme, la Déclaration de Berne et deux organisations féminines de Suisse lancent un appel au gouvernement pour que sa politique du commerce extérieur tienne compte d'une réalité douloureuse: 80% des pauvres de la planète sont des femmes.

«Il est grand temps que le Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) reconnaisse que la politique commerciale a quelque chose à voir avec l’égalité de traitement entre hommes et femmes», lance Marianne Hochuli, de la Déclaration de Berne.

Selon les trois associations, qui exposaient leurs thèses mercredi à Berne, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se trompe lourdement en postulant qu’hommes et femmes profitent à parts égales de la libéralisation et du développement économique qui devrait en être la conséquence.

Mascha Madörin, économiste auprès du «Frauenrat für Aussenpolitik», rappelle que les femmes doivent se battre dans des conditions bien plus dures que celles que connaissent les hommes. Dans les pays du Sud tout spécialement, elles n’ont que difficilement accès au crédit, à la propriété et à la formation et leur quotidien est fait de travaux non rétribués.

Il y a cinq ans se tenait à Pékin la Conférence des femmes de l’ONU. Avec de nombreux autres Etats, la Suisse s’est engagée à prendre en compte l’objectif de l’égalité hommes-femmes dans toutes ces décisions de politique économique.

Or, selon Lisbeth Ulrich, paysanne et membre de la Coordination Après Pékin Suisse, on en est resté dans ce domaine au stade des intentions. Et l’injustice est d’autant plus flagrante que les femmes sont encore aujourd’hui les premières productrices de nourriture à l’échelle de la planète.

Une attaque que réfute Marie-Gabrielle Ineichen, responsable du secteur OMC au seco: «la Suisse est signataire de deux conventions sur l’égalité promulguées par l’Organisation mondiale du travail, qui me semble le meilleur cadre pour régler ce genre de problèmes».

Quant à des pressions directes sur les pays les moins respectueux des droits des femmes, Mme Ineichen ne les envisage simplement pas.

En novembre se tiendra au Qatar la quatrième Conférence ministérielle de l’OMC. Après l’échec de Seattle, les trois organisations qui donnaient de la voix mercredi à Berne craignent une nouvelle ronde de négociations sur le dos des plus pauvres, et donc spécialement des femmes.

En conséquence, elles hésitent encore à participer à la conférence et envisagent une réunion à part, sur le modèle inauguré par huit ONG en marge du récent Forum de Davos.

Marc-André Miserez

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