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«Rues pour tous»: réactions à plusieurs vitesses

Le 30 à l'heure généralisé dans les localités, on y viendra peut-être, mais lentement. Keystone

Les opposants à la généralisation du 30km/h dans les localités ont salué l'échec d'une idée «utopique» et «idéologique». Déçus, les initiants ont pris acte et appelé à un changement de tactique.

Parmi eux, Patrice Mugny. L’écologiste genevois est persuadé que sur le fond les Verts ont «quelques années d’avance». Il faut, dit-il, «cessez de lancer ce genre d’initiatives. Car c’est ressenti par la population comme une d’agression».

L’avenir réside, selon Patrice Mugny, dans une approche plus pragmatique. Ainsi en a-t-il été de toute une série d’initiatives, comme celle des Alpes. «Elle a facilement passé la rampe en 1994. Il faut développer des propositions positives en faveur des transports en commun, en faveur du ferroviaire sur la route, en faveur du transfert modal de la route vers le ferroviaire.

Il n’empêche que l’ampleur du non a totalement surpris les partisans. Ainsi, l’Association transports et environnement (ATE) – promotrice de l’initiative – s’attendait à 10 % de oui de plus, a indiqué à l’ats son responsable de la
politique des transports, Hans Kaspar Schiesser.

Selon lui, les initiants n’ont pas réussi à faire passer le message sur les exceptions qui auraient été possibles dans les localités. Hans Kaspar Schiesser critique aussi la volte-face «idiote» du Bureau suisse de prévention des accidents (bpa). Après avoir promis de rester neutre, le bpa s’est engagé pour le non.

L’ATE ne s’estime toutefois perdante qu’à moitié. La Confédération s’est dite prête à réaliser une partie des requêtes de l’initiative, souligne M. Schiesser.

Le ministre Moritz Leuenberger vient de mettre en consultation un contre-projet indirect prévoyant des mesures plus ciblées de limitation des vitesses. L’ATE attend maintenant de la Confédération, des cantons et des communes qu’ils passent aux actes et prennent d’autres mesures pour protéger piétons et cyclistes.

Du côté des opposants à «Rues pour tous», l’heure est à la satisfaction. Pour eux, le peuple a clairement montré qu’il ne veut pas de «solutions utopiques» en matière de trafic. Le peuple l’avait déjà fait en repoussant, il y a une année, l’initiative exigeant la diminution de moitié de la circulation motorisée.

Relayé par les milieux automobiles, le comité a demandé aux promoteurs de l’initiative exigeant quatre dimanches par année sans voiture de retirer leur texte. Le peuple ne s’est pas prononcé contre la sécurité mais contre une idée insensée, a estimé l’Automobile club de Suisse.

Les automobilistes veulent des solutions ciblées et pragmatiques. Ils acceptent ainsi des limitations de vitesse adaptées aux circonstances, par exemple dans les zones résidentielles.

La satisfaction était de mise dans le camp bourgeois. Les limitations imposées par l’initiative auraient été exagérées et contre-productives, selon le Parti radical. Il est juste que la compétence d’introduire des zones 30 km/h reste aux cantons et aux communes.

Jugurtha Aït-Ahmed

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