La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

«Swissair n’est pas à vendre»…

Eric Honnegger, nouveau président par intérim de SAirGroup. Keystone

Le conseil d'administration de SAirGoup a donc démissionné en bloc vendredi, à l'exception d'un de ses membres, Mario Corti, le dernier arrivé. Mais «Swissair n'est pas à vendre», a affirmé Eric Honnegger, nouveau président par intérim de SAirGroup dans un entretien publié samedi par le quotidien Neue Zurcher Zeitung.

Depuis le fracas de l’annonce du renouvellement de neuf des dix membres du conseil d’administration du groupe, Eric Honegger est le premier et jusqu’ici le seul à s’être exprimé publiquement.

Ce qui constitue une surprise supplémentaire puisque la presse avait été avertie vendredi soir qu’il n’y aurait pas de commentaires et que les membres de SAirGroup s’étaient engagés au silence absolu.

Eric Honegger s’est-il fait le porte-parole implicite du groupe ou se prononce-t-il individuellement? Mystère. Reste que ses propos se veulent rassurants: «Swissair n’est pas à vendre, dit-il. Oui, le groupe pourrait se chercher un partenaire qui deviendrait actionnaire minoritaire.» Un siège demeurera du reste vacant au sein du nouveau conseil.

Tout en renvoyant à la conférence de presse de bilan annoncée pour le 2 avril prochain, Eric Honegger avance une première explication. Selon lui, les avatars «politiques» du groupe viennent du fait que «la Suisse n’est pas membre de l’Espace économique européen (EEE) et n’a pas pu profiter de la libéralisation de l’espace aérien européen». Ce qui a entraîné des «constructions compliquées» au niveau des participations à d’autres sociétés, aujourd’hui sources de «problèmes».

«C’est vrai, reconnaît Eric Honegger, nous avons sous-estimé ces problèmes, notamment en France et en Belgique, où ils se sont révélés plus chers que prévu.» C’est donc un aveu que les administrateurs de SAirGroup se sont trompés, et l’explication du sabordage de vendredi.

Selon Pierre Condom, directeur de la revue «Interavia», «le salut de SAirGroup, après les départs de Philippe Bruggisser, Paul Reutlinger et Moritz Suter ainsi que la démission du conseil d’administration, passe par un repli sur son métier de base, le transport aérien.»

«Pour cela, il faut se défaire de ce qu’on ne sait pas gérer. Et là Pierre Condom pense en premier lieu au pôle français AOM, Air Liberté et Air Littoral. «En France, c’est un peu courage, fuyons. Mais les pigeons sont très rares». Si, financièrement, le désastre est acquis, le redressement de l’image de SAirGroup passe par un désengagement», poursuit Pierre Condom.

«Sur le cas Sabena, la situation apparaît plus compliquée. Pour la compagnie recapitalisée à hauteur de 380 millions de francs suisses le 23 février, le partenaire et interlocuteur n’est pas moins que l’Etat belge.» Pierre Condom ne serait pas surpris que SAirGroup conserve sa participation, car une présence dans l’Union européenne est fondamentale.

Eric Honegger, entré au Conseil d’administration en 1993 et président depuis un an, quittera ses fonctions l’année prochaine. Le changement se fera en deux temps et sera achevé en 2002.


swissinfo avec les agences

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision