Taco-net transforme votre guimbarde en carrosse
Alors que les start-up de la nouvelle économie mettent la clef sous la porte les une après les autres, un ancien chômeur a créé une entreprise florissante en nettoyant des voitures. Il vient de décrocher un gros contrat avec Fiat Suisse.
En ce samedi du printemps 1997, le soleil brille. Un seau d’eau dans une main, une éponge dans l’autre, Steve Antonietti nettoie sa Honda Civic. Entre deux coups de torchons, une idée lui traverse l’esprit. Pourquoi ne pas transformer cette occupation en un travail à plein temps.
Après un apprentissage à La Poste, Steve a exercé divers métiers avant de se retrouver au chômage à Genève. En 1997, la planète ne jure que par Internet. Steve n’en a cure. Il achète un aspirateur à la Migros et avec des rouleaux de papier ménage sous le bras, il se lance dans le nettoyage de voitures.
Les débuts sont difficiles, mais, quatre ans plus tard, sa société Taco-net emploie quatre personnes et traite plus de 2000 véhicules par an, y compris des avions et des bateaux. Elle détient environ un quart du marché genevois.
Son chiffre d’affaires, qui était de 40 000 francs en 1997, est en train d’exploser. Cette année, ce montant va plus que décupler, notamment grâce à un gros contrat que la société vient de signer avec Fiat Suisse.
«Je suis chargé de créer une structure pour gérer son parc auto à Genève, soit plusieurs milliers de véhicules», révèle Steve Antonietti. Une première en Suisse pour ce type d’activité. Plusieurs autres grands garages romands envisagent de suivre le même chemin et de sous-traiter le nettoyage.
Chez Taco-net, tout est fait à la main. Le tunnel de lavage n’existe pas. Préparation de voitures neuves ou remise en état de véhicules d’occasions, les garages de la place sont les principaux clients de la société.
Mais des personnalités du monde du spectacle et de l’industrie confient aussi leur voiture aux soins de Taco-net. Ferrari, Aston Martin ou Porsche sont monnaie courante. Les tarifs varient de 50 à 250 francs selon les «dégâts», voire jusqu’à 900 pour les traitements spéciaux.
Dans un local d’environ 200 m², une Audi n’a plus ses sièges avant. «Elle a transporté du bois et a servi de niche pour un chien, c’est ce qui est le plus difficile à traiter», explique Alain Lessaffre, responsable de l’atelier, en pulvérisant l’intérieur du véhicule avec un mélange déodorant/désinfectant.
Sur les étagères, à côté de produits de nettoyage courants, on découvre des bidons plus mystérieux étiquetés «noircisseur à pneus» ou «décroche moustiques». «Ce sont des mixtures maison, nous fabriquons nos propres produits en fonction des besoins», explique Steve Antonietti.
Aujourd’hui, le patron s’occupe surtout de la réception des clients et du transport. A 42 ans, il sillonne le canton au volant d’une Nissan 3 litres 4×4 couplée avec une remorque pour transporter les voitures à nettoyer. Il parcourt près de 100 000 km par an avec cet attelage qui mesure 11 mètres.
Son cellulaire sonne en permanence. Sa journée a commencé à 7 heures et ce soir il s’occupera de la facturation puis de la comptabilité jusqu’à 23 heures. «C’est un horaire normal pour un indépendant». Son rythme de travail n’est pas près de diminuer puisque Taco-net va doubler sa surface et engager deux personnes supplémentaires.
Le prochain défi de la société sera de réussir le saut pour passer de la petite entreprise au style familial vers une PME dotée de structures plus importantes.
Luigino Canal
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