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Un groupe suisse investit dans les motos françaises

www.merkeryshima.com

L'énigmatique société MerkerYshima vient de reprendre le fabricant de motos Voxan, en redressement judiciaire.

Le Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, en Auvergne, a choisi un groupe totalement inconnu pour tenter de sauver la dernière moto «made in France». C’est la société de nationalité suisse MerkerYshima, pourtant complètement étrangère au monde des deux-roues.

Créée en 1995 et installée à Issoire, près de Clermont-Ferrand, l’entreprise française de motos Voxan emploie 113 salariés. L’annonce de cette reprise ne rassure guère ni les employés, ni la population de cette petite ville du centre de la France.

Non seulement MerkerYshima, créée en 2000, se montre incapable de communiquer l’identité de ses actionnaires. Mais le quotidien Le Monde vient de révéler que plusieurs de ses dirigeants ont été condamnés par la justice. Notamment, selon le quotidien, pour faux en écritures, et pour avoir lésé cinq banques allemandes.

Holdings allemand et japonais

Le Tribunal de Commerce n’a donc peut-être pas eu la main très heureuse en désignant ce groupe. Qui annonce toujours sur son site Internet son arrivée, en 2001, «sur le marché international des semi-remorques rideaux coulissants et fourgons». En fait, MerkerYshima, qui construit une usine dans les Abruzzes en Italie, n’a encore jamais produit la moindre remorque.

Alors, ce mystérieux groupe suisse pourra-t-il, comme promis, injecter 30,5 millions d’euros (45 millions de francs suisses) dans Voxan d’ici deux ou trois ans? Le financement de MerkerYshima reste particulièrement mystérieux.

Cette société affirme appartenir aux holdings allemand Tectagon AG et japonais Yshima SA, toutes deux basées en Suisse. En creusant derrière ces deux noms, on tombe sur 140 sociétés, toutes aussi mystérieuses.

Pourquoi un futur fabricant de remorques se lance-t-il dans les motos tricolores? «Nous avons ressenti le besoin de communiquer sur un autre secteur, plus proche du grand public et bénéficiant d’une image de marque plus technologique, plus sportive», explique Christian Binot, membre du conseil d’administration de MerkerYshima. Pour la communication, il y a encore un gros effort à faire.

Ian Hamel

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