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Formation culturelle La bande dessinée a désormais une Ecole supérieure à Genève

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La formation de deux ans dispensée par l'Ecole supérieure de bande dessinée de Genève intègre également le dessin de presse, le reportage dessiné, la narration, le scénario et l’animation.

(Patrick Gilliéron Lopreno)

Unique en Suisse, elle a ouvert ses portes début septembre. Le choix de Genève n’est pas anodin. «La ville a vu naître Rodolphe Töpffer, inventeur de la BD moderne», comme le rappelle le bédéiste genevois Tom Tirabosco, qui s’est battu pour que cette Ecole voit le jour. 

Dans le domaine de la bande dessinée francophone, Tom TiraboscoLien externe (51 ans) occupe une place de choix. Ce bédéiste à la plume drôle, cinglante, humaniste, sourcilleuse… est également l’auteur très inspiré de livres illustrés pour enfants, de caricatures de presse, de portraits et d’autoportraits auréolés non pas de gloire, mais d’humour farcesque. La gloire, c’est la reconnaissance du milieu artistique qui s’est chargée de la lui apporter.

Une formation de deux ans

Placée sous l’autorité du DIP (Département de l’instruction publique, de la culture et du sport, Genève), l’Ecole supérieure de bande dessinée et d’illustration dispense une formation de 2 ans. Cette formation intègre également le dessin de presse, le reportage dessiné, la narration, le scénario et l’animation. Le plan de formation est élaboré en partenariat avec la SCAA (Swiss Comics Artists Association) et avec la Haute école d’art et de design de Genève (HEAD).

L’admission se fait sur concours. Les candidats doivent être titulaires d’un titre du degré secondaire II: CFC (Certificat fédéral de capacité) de graphisme ou d’interactive media design. Le cursus se compose de cours réguliers hebdomadaires pratiques et théoriques ainsi que de Workshops. Titre délivré: designer diplômé ES en Communication visuelle. Une fois leur diplôme obtenu, les étudiants peuvent, s’ils le souhaitent, poursuivre leurs études à la HEAD, en entrant directement en 2e année de cours. 

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Il faut dire que ce Suisse d’origine italienne est lauréat de nombreuses récompenses dont le prestigieux Prix Rodolphe Töpffer de la Ville de Genève, qu’il a reçu à deux reprises. La deuxième fois c’était en 2013 pour sa remarquable BD «Kongo» qui raconte le voyage que l’écrivain Joseph Conrad entreprit sur le fleuve Congo en 1890. De ce voyage naîtra plus tard sa célèbre nouvelle «Au coeur des ténèbres».

Loups garous

Créatures ailées, loups garous, petits lutins au regard torve, femmes à la poitrine généreuse et érotique… autant de personnages inattendus, imaginés par Tirabosco, qui font merveille dans l’univers du 9e art. Il était donc normal que cet artiste au talent éclectique et à l’ambition étendue songe à la création d’une école pour l’enseignement de la BD. 

Soutenu par ses confrères de renommée internationale, comme Zep, Chappatte, Exem, et par la SCAA (Swiss Comics Artists Association), Tom Tirabosco a donc pris son «bâton de pèlerin», comme il le dit lui-même, pour porter auprès des autorités cantonales genevoises le projet d’une formation en communication visuelle.

Le projet a pris forme et l’Ecole supérieure de bande dessinée et d’illustrationLien externe a ouvert ses portes en septembre dernier. C’est la première de Suisse et l’unique. Elle constitue désormais une filière du Centre de formation professionnelle arts (CFP Arts), sis lui aussi à Genève. Tom Tirabosco y enseigne voilà 10 ans déjà. Mais depuis début septembre il se consacre à l’Ecole supérieure où il dispense des cours de BD et d’illustration commerciale.

Des élèves motivés

La première volée compte 18 étudiants dont une Fribourgeoise; le reste vient du bassin lémanique. «Pour l’instant, explique-t-il, les étudiants sont Romands. Cela va sans doute changer dans l’avenir, nous aurons probablement des demandes de différentes régions du pays. Il y a d’ailleurs un journaliste tessinois qui m’a déjà contacté à cet effet, sachant que nous enseignons également le dessin de presse».

«Des étudiants très motivés, avides d’apprendre», constate Tirabosco après quelques semaines de cours. La plupart d’entre eux possèdent déjà des connaissances artistiques solides. «Certains pratiquent un dessin très sophistiqué ou très codifié, explique-t-il. D’autres ont un style manga très abouti, avec des personnages expressifs, grimaçants. Nous essayons néanmoins de sortir nos élèves de leur zone de confort. Moi par exemple, je les initie à la BD autobiographique, un genre né il y a 20 ans. Comment se raconter? C’est ce que je leur apprend en les poussant aussi à lire des romans».

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Le bédéiste genevois Tom Tirabosco s'est beaucoup battu pour que l'Ecole supérieure de bande dessinées de Genève voit le jour. 

(Patrick Gilliéron Lopreno)

Pourquoi avoir choisi Genève pour cette Ecole? «Parce que c’est la patrie de Rodolphe Töpffer (1799-1846) inventeur de la bande dessinée moderne. D’autres auteurs célèbres de BD, comme Zep, sont également Genevois», répond Tom Tirabosco. Genève, tout un symbole donc! Mais également une place forte pour le contact avec les manifestations culturelles à caractère international.

Collaboration avec le FIFDH   

Aussi, l’Ecole prévoit-elle cette année une collaboration avec le Festival du film et forum international sur les droits humains Lien externe(FIFDH) qui se tiendra à Genève en mars 2018. Chaque année, le festival compte un invité d’honneur. Pour la prochaine édition donc, ce sera Guy Delisle, un bédéiste québécois dont le travail porte en partie sur la question des droits de l’homme. «Nous allons en profiter pour mener un Workshop avec lui, explique Patrick Fuchs, doyen de l’Ecole. Guy Delisle travaillera ainsi pendant 15 jours avec nos étudiants. Ensemble, ils réaliseront des BD-reportages sur Meyrin, une commune de Genève où des problématiques comme l'immigration, la diversité et la mixité sociale peuvent être abordées». Le travail réalisé fera l’objet d’une exposition au FIFDH.

Un deuxième Workshop est prévu au cours de cette année scolaire avec le bédéiste français Alfred qui lui aussi fera profiter les étudiants de son expérience. Fier, Patrick Fuchs conclut: «La BD et l’affiche illustrée genevoise sont inscrites au patrimoine culturel immatériel de la Suisse. Il n’est donc pas étonnant que cette Ecole soit née dans la ville du bout du lac». 

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