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Israélites de Suisse: l’héritage consensuel de Rolf Bloch

Après avoir longtemps dirigé l’entreprise familiale Camille Bloch SA, Rolf Bloch a été élu à la tête de la Fédération suisse des communautés israélite en 1992. Keystone

La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) élit jeudi à Genève son nouveau président. Le médecin genevois Alfred Donath devrait succéder à Rolf Bloch qui a réussi à apaiser la crise des fonds en déshérence.

«Rolf Bloch est un parfait Suisse, selon l’imagerie populaire: c’est un industriel, il est besogneux et en plus il est chocolatier, résume André Klopman, rédacteur en chef de la Revue juive. Il est à l’image d’une communauté juive qui en Suisse a tout fait depuis le XIXème siècle pour se fondre dans le reste de la population».

Après avoir longtemps dirigé l’entreprise familiale Camille Bloch SA, Rolf Bloch a été élu à la tête de la Fédération suisse des communautés israélite en 1992. «Quand il a été élu, personne ne pouvait imaginer ce qui allait arriver à la Suisse et sa communauté juive», se rappelle Thomas Lyssy, vice-président de la FSCI.

Thomas Lyssy veut bien sûr parler de la crise des fonds en déshérence et du bras de fer qui a opposé plusieurs organisations juives américaines à la Suisse officielle. Rolf Bloch, comme l’ensemble de la communauté juive de Suisse, n’était pas du tout préparé à être sous les feux de l’actualité.

Rolf Bloch emploie une image maritime pour décrire sa présidence de la FSCI durant cette crise: «c’était un petit bateau sur une mer mouvementée. Mais il fallait traverser et arriver à bon port». De fait, Rolf Bloch a dû naviguer entre des demandes juives de réparation parfaitement justifiées et des réactions suisses aux débordements de cette crise, tout aussi légitimes.

De l’avis général, Rolf Bloch a été l’homme de la situation. «Il s’est beaucoup dépensé pour expliquer deux choses: il a su défendre la position des juifs suisses pris entre deux feux. Mais il a également expliqué au monde que la Suisse n’était pas un repère de nazis», estime André Klopman, de la Revue juive.

«Comme président, Rolf Bloch a toujours cherché le consensus. Il voulait à tout prix éviter le conflit», rappelle de son coté Brigitte Sion, de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et le racisme.

Etre pleinement suisse tout en étant fidèle à sa confession juive, tel est le défi qu’a su relever Rolf Bloch durant sa présidence mouvementée à la tête de la fédération suisse des communautés israélites.


Frédéric Burnand

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