L'élection très politique de Daniel Zappelli

Daniel Zappelli l'emporte avec 138 voix d'avance. Keystone

Un nouveau décompte des voix à Genève confirme l'élection du candidat de la droite, au poste de procureur général. Il succède à Bernard Bertossa.

Ce contenu a été publié le 23 avril 2002 - 08:33

Juge au Tribunal de première instance, Daniel Zappelli, 38 ans, membre du Parti radical, l'a finalement emporté de 138 voix sur son rival, Jean-Bernard Schmid, 49 ans, procureur, présenté par l'Alliance de gauche. Un écart particulièrement faible. Près de 77 000 Genevois ont participé à ce scrutin, soit une participation de 36,65%.

Le début de la campagne pour la succession de Bernard Bertossa au poste de procureur général a été très politique. A gauche, Jean-Bernard Schmid, mettait comme première priorité dans sa profession de foi la poursuite de la politique menée par le fédérateur du célèbre Appel de Genève de 1996.

Il était bien décidé à continuer sa lutte contre le blanchiment d'argent et le crime organisé. Si Jean-Bernard Schmid pouvait compter sur le soutien du Palais de justice et sur l'Association des juristes progressistes, face à lui, Daniel Zappelli, candidat de l'Entente de droite, s'appuyait sur la majorité des avocats et des chefs d'entreprises.

Combattre l'insécurité

Ce jeune président de la Chambre commerciale ne cachait pas que son cheval de bataille serait la lutte contre l'insécurité, Un thème apparemment aussi porteur à Genève (où sévissent des bandes venues de la région lyonnaise) que dans l'Hexagone. De plus, le Parti libéral, qui lui apporte son soutien, a exprimé à plusieurs reprises son peu d'enthousiasme pour la politique menée par Bernard Bertossa.

A la fin de la campagne, Daniel Zappelli a modéré ses propos, rappelant qu'un procureur se devait d'être «totalement apolitique» et qu'il n'était pas dans son intention «de revenir en arrière», se réclamant également de l'héritage de Bertossa. Un discours très centriste.

L'élection au poste de procureur général a malgré tout été très politique. Jean-Bernard Schmid a totalisé 55,6% des voix dans la ville même de Genève, qui vote plutôt à gauche, obtenant 64,7% dans le quartier Saint-Jean. Daniel Zappelli, en revanche, obtient ses meilleurs scores à Cologny (74,8%), Collonge-Bellerive (72,6%) ou Corsier (73,3%), des lieux qui abritent plutôt des populations fortunées.

L'apport du vote par correspondance

Bref, le vieux clivage gauche-droite subsiste, même lorsqu'il s'agit d'élire un magistrat. Au vu des dernières élections dans le canton, la droite, majoritaire, aurait dû l'emporter assez facilement. Mais l'héritage Bertossa a permis à Jean-Bernard Schmid de refaire une partie de son handicap.

En 1990, Bernard Bertossa n'avait gagné que par 53% des suffrages, face à un candidat de droite très effacé. Mais à cette époque, seulement 13% des Genevois s'étaient rendus aux urnes.

Cette fois, grâce au vote par correspondance, 36,65% des électeurs ont participé au scrutin. C'est mieux que pour les élections au Grand Conseil.

swissinfo/Ian Hamel

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