La prospérité retrouvée du canton de Vaud

Keystone

Les Vaudois renouvellent leur parlement et leur gouvernement ce dimanche, lors d'un premier tour de scrutin.

Ce contenu a été publié le 07 mars 2007 - 15:25

Ces élections se tiennent sur fond de croissance économique et de retour à l'équilibre budgétaire du gouvernement cantonal. Reste à savoir à quel parti profitera cette embellie.

«Entre 2002 et 2006, les exportations des entreprises vaudoises ont connu une augmentation de près de 60%. C'est un taux de croissance à la chinoise», se réjouit Philippe Sordet.

Et le chef du Service de l'économie, du logement et du tourisme (SELT) du canton de Vaud d'ajouter: «En 2006, les emplois ont crû de 1,7% et même de 3% pour l'industrie dans des secteurs technologiques à forte valeur ajoutée et orientés vers les marchés internationaux».

Selon le responsable vaudois, les entreprises actives dans la fabrication d'instrument alliant microélectronique et intelligence logicielle connaissent une forte croissance, tout comme le secteur de la chimie et des biotechnologies.

Dans le secteur des services, les entreprises de consultant, de conseil, d'accompagnement financier affichent également une bonne santé économique. «Plusieurs compagnies ont même cassé la baraque, rappelle Philippe Sordet. Et de citer en exemple Logitech ou Nespresso.

Ce dynamisme profite d'abord à l'arc lémanique, mais également à la région d'Yverdon et de la Broye, où va s'implanter une nouvelle usine Nespresso.

«Le potentiel du canton est en train de se réaliser», résume le haut-fonctionnaire vaudois, qui pointe en premier lieu une conjoncture économique favorable sur le plan international et l'amélioration des conditions-cadre sur le plan fédéral.

Mais pour que cet environnement favorable produise tous ces effets, il a fallu que le canton et ses entreprises passent par une douloureuse cure d'austérité.

Les fruits de l'austérité

«Durant une bonne dizaine d'année, le canton a subi une importante restructuration de son économie et pas seulement le secteur tourné vers l'international. Cette politique a provoqué un chômage relativement important et de nombreuses faillites. Mais aujourd'hui, les entreprises sont plus robustes», explique Philippe Sordet avant d'ajouter que l'adaptation au marché mondial doit se poursuivre et que le canton doit se doter d'infrastructures de très haute qualité.

Et ça n'est pas tout. «Depuis quelques années, le canton s'est employé à redresser ses finances. Cette politique stricte et sérieuse lui a permis de retrouver les chiffres noirs», rappelle Pierre Keller, directeur de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne (ECAL).

«Ce canton se porte bien. Mais il a également des idées et il prend des risques.» Pierre Keller rappelle au passage le rôle des hautes écoles du canton comme l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ou l'International Institute for Management Development (IMD).

Une énergie que cette personnalité vaudoise perçoit tout particulièrement au sein de la génération montante.

«Je croise beaucoup de jeunes qui ont l'esprit d'entreprise, qui prennent des risques, qui, au sortir de notre école, se mettent à leur compte ou partent à l'étranger pour compléter leur formation. Une attitude de plus en plus courante. Ils préparent leur carrière avec un enthousiasme qui me réjouit», assure Pierre Keller, dont l'école collectionne les prix en Suisse et dans le monde.

Un impact politique difficile à prévoir

Comme disent les Vaudois, le beau menace. Reste à savoir comment cette embellie va se traduire dans les urnes dimanche.

«En général, cela profite au gouvernement sortant», assure Andreas Ladner, responsable de l'Unité Administration suisse et politiques institutionnelles auprès de l'Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP).

Sauf que la Suisse, ses cantons et ses communes fonctionnent selon un système de consensus qui associe au sein des gouvernements les principales forces politiques du pays, qu'elles soient de gauche ou de droite.

Ainsi, sur les sept membres sortant du gouvernement vaudois, trois appartiennent à des formations de gauche et quatre à des formations de droite. Mais toute l'équipe s'est efforcée de rétablir les finances du canton selon une approche particulièrement consensuelle comparée aux précédents gouvernements. Le prochain gouvernement pourra donc allouer de nouvelles enveloppes budgétaires

En maintenant une majorité de droite ou en la donnant à la gauche, les électeurs vaudois indiqueront la direction que devraient prendre ses nouveaux investissements.

swissinfo, Frédéric Burnand à Genève

En bref

Lors de ces élections, le parlement vaudois passe de 180 à 150 sièges. Ce qui rend les places plus chères pour les députés sortants, plus nombreux que les mandats en jeu.

L'écart actuel entre la droite (99 sièges) et la gauche (81 sièges) devrait se resserrer. L'UDC et les Verts, grands gagnants des élections communales de 2006, visent une progression.

Les libéraux et les socialistes espèrent, au moins, maintenir leurs positions actuelles.

Le Parti radical, poids lourd historique du canton, s'attend à reculer. Il a fait un mauvais score lors des dernières élections communales et sait que l'ancien découpage électoral le favorisait.

Le PDC, qui n'a que deux élus, s'allie avec l'Union démocratique fédérale et le Parti évangélique. Les trois formations espèrent obtenir une demi-douzaine de sièges.

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