La Suisse parle une langue qui n'est pas de bois

Des soldats chinois à Lhasa, capitale du Tibet. Keystone

Mercredi, à Lhasa, le ministre suisse de la culture a rappelé aux autorités chinoises l'importance que la Suisse attache au respect des droits de l'homme au Tibet.

Par ailleurs, Pascal Couchepin a signé un protocole d'accord concernant la restauration du temple de Ramoche.

D’emblée, le ministre de la culture avait donné le ton. «Nous voulons essayer d’apporter notre appui au maintien du patrimoine culturel» tout en étant «clairs sur les principes».

Au troisième jour de son voyage en Chine, Pascal Couchepin a mis les points sur les i lors de sa rencontre avec le gouverneur de la province autonome du Tibet, Xiang Ba Ping Cao.

«L'expérience nous montre qu'un développement équilibré ne peut exister que si tous les aspects de l'être humain sont respectés, y compris les droits religieux».

Le conseiller fédéral a porté un toast «à un dialogue accru» sur la base des «quatre piliers» que le président chinois Hu Jintao avait défini lors de leurs rencontres en 2003.

«Il nous avait encouragés à continuer la discussion sur les problèmes bilatéraux et ce qu'il appelait les «questions sensibles», ce qui inclut les droits de l'homme», rappelle Pascal Couchepin.

Conflit entre modernité et tradition

Aux yeux du Valaisan, la croissance économique chinoise actuelle est «positive» pour le Tibet. Avec une nuance: «Dans une région traditionnelle comme le Tibet, on peut constater un conflit entre tradition et modernité. C'est particulièrement le cas dans le domaine religieux».

Les droits de l'homme, Pascal Couchepin les a aussi évoqués avec le vice-maire de Lhasa Xiu Ji Chang.

Selon son porte-parole, le ministre helvétique a notamment rappelé que «la Suisse compte quatre cultures, mais qu'aucune n'est considérée comme une minorité. Tous les Suisses sont citoyens à part entière».

De son côté, le gouverneur du Tibet a salué la visite de Pascal Couchepin, «premier conseiller fédéral et plus haut responsable politique étranger» à visiter la région autonome.

Une présence qui traduit selon lui la «bonne compréhension» que Berne a de la situation en Chine. Et ce, même s’il «n'y a pas beaucoup de personnes en Suisse qui connaissent la vérité» sur la situation dans la région.

Un temple qui accueille 150 moines

Fidèle à son approche, Pascal Couchepin s'est dit «heureux de pouvoir contribuer à la préservation de l'héritage culturel du Tibet en prenant part à la rénovation de certains éléments du temple de Ramoche».

Ce temple du VIIe siècle n’a pas survécu au régime communiste durant la Révolution culturelle. Récemment, des mesures urgentes ont été prises. La Suisse entend désormais contribuer à la rénovation de cet édifice qui accueille 150 moines.

Berne indique compter sur «la pleine participation des experts» de l'administration tibétaine. Cette collaboration sera réglée par un protocole d'accord signé mercredi entre Suisses et autorités de la région autonome.

Concrètement, les travaux viseront à la réfection du toit d'une ancienne chapelle couronnant l'édifice, actuellement transformée en remise. La Suisse contribuera aussi à la rénovation de l'ensemble des toits du temple, pour en renforcer l’étanchéité.

L'état des toits «empêche la pratique religieuse, car l'eau coule sur les fidèles», explique Nicolas Bideau, chef du Centre de compétences pour la politique étrangère culturelle (CCC) du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Le problème de l'humidité risque en outre de faire éclater les murs, précise Andrea Rascher, de l'Office fédéral de la justice (OFJ).

Deux conditions et 200'000 francs

Cela dit, la Suisse n’intervient pas dans le bleu. Elle a fixé ses conditions - au nombre de deux – avant de débourser les quelque 200'000 francs en jeu.

D’abord, les travaux devront être effectués par des artistes tibétains qui utilisent des méthodes et des techniques anciennes, en conformité avec les règles de l'UNESCO.

Seconde condition: l'experte suisse Amy Heller supervisera le projet. Autorités chinoises et autorités religieuses tibétaines ont donné leur aval.

De fait, c'est la première fois que Pékin autorise un gouvernement étranger à engager un tel chantier sur le patrimoine tibétain.

swissinfo et les agences

En bref

- Pascal Couchepin est en Chine pour participer à une réunion ministérielle à Shanghai. Au centre des discussions: la promotion de la diversité culturelle à l’époque de la globalisation.

- Durant son voyage, le ministre de la culture a fait étape au Tibet, où la Suisse financera une partie de la rénovation d’un monastère accueillant 150 moines.

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