La Suisse participe à la normalisation du Kosovo

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Pour la première fois, le Kosovo élit samedi un Parlement régional. Sur la voie de la normalisation, on trouve l'empreinte de l'aide suisse.

Ce contenu a été publié le 16 novembre 2001 - 16:46

La population du Kosovo est appelée aux urnes ce week-end pour élire un Parlement régional démocratique. C'est la première élection législative depuis la fin de la guerre il y a deux ans, mais c'est aussi la première fois que la région a le droit d'élire une véritable assemblée autonome.

Pas de révolution

Les observateurs ne prévoient pas de révolutions dans le paysage politique. Les expériences positives récoltées depuis les élections communales de l'année dernière devraient confirmer les positions des partis, donnant la majorité à la Ligue démocratique du Kosovo d'Ibrahim Rugosa.

On ne s'attend pas non plus à des difficultés majeures concernant le scrutin, pour lequel la Suisse a mis à disposition une vingtaine d'observateurs.

Une grande valeur symbolique

«Les compétences des nouvelles autorités seront modestes, mais pour nous la consultation a une profonde valeur symbolique», commente Ueli Sturzinger, de la Direction du développement et de la coopération à Berne. Autrement dit, il s'agit surtout de démontrer un retour à la vie civile et à la normalité.

Avec une contribution totale d'environ 60 millions de francs par année, la Confédération se positionne parmi les premiers pays qui ont soutenu la reconstruction du Kosovo depuis la guerre. Reste maintenant à confirmer le succès des interventions et à conclure la transition. Le début d'une nouvelle époque peut-être pour la région meurtrie des Balkans...

Formation et information

«Le climat est tranquille et la campagne électorale s'est déroulée de façon correcte», affirme Thérèse Obrecht qui a participé, ces dernières années, à la reconstruction de la télévision et de la radio publiques au Kosovo, sur mandat de l'Eurovision. Un projet important pour relancer la communication entre les différentes ethnies en conflit.

«C'est essentiellement la Suisse qui a soutenu la renaissance du service public d'information ces dernières années, à travers une importante contribution financière et quelques professionnels délégués sur place», précise la journaliste romande.

Impartialité et équilibre des opinions

«Au début, nous avons eu de grandes difficultés, se souvient encore Thérèse Obrecht. Dix ans sans journalisme ont laissé des traces. Trouver du personnel qualifié n'a pas été simple. Nous avons donc engagé beaucoup de jeunes et nous leur avons enseigné le métier. Et particulièrement la signification d'une information impartiale.»

Pour la journaliste, l'engagement a porté ses fruits. «Aujourd'hui, nous pouvons compter sur deux rédactions compétentes qui garantissent un service complet et sérieux.» De plus, les rédactions sont multiethniques. A Pristina, un programme radio est produit en trois langues.

Quatre-vingt radios privées locales sont également présentes au Kosovo. Mais leurs bases économiques et rédactionnelles sont fragiles. Pour Thérèse Obrecht, il est donc d'autant plus important que «le service public garantisse un équilibre et permette à tous de se faire une opinion.»

De l'aide humanitaire à l'aide technique

La Suisse s'est beaucoup impliquée sur d'autres fronts également, ces dernières années. A la Direction du développement et de la coopération, on regarde avec satisfaction les résultats obtenus. L'aide suisse est présente au Kosovo depuis 1999 sous de multiples aspects.

«En premier lieu, la Suisse est intervenue avec un engagement humanitaire immédiat, se souvient Ueli Sturzinger, coordinateur des programmes. Ensuite, nous avons lancé une série de programmes pour créer de nouvelles conditions de vie.»

L'Office fédéral des réfugiés a soutenu la reconstruction, parallèlement au retours volontaires de quelque 50 000 réfugiés présents en Suisse. A présent, l'aide se concentre sur le soutien technique pour redonner les infrastructures nécessaires au pays.

Reconstruction

Les efforts se sont concentrés sur la reconstruction des maisons, des routes et des ponts. Mais ce sont les projets scolaires qui ont eu le plus de succès. Le programme intègre des Kosovars qui travaillent en Suisse, en leur offrant des cours professionnels.

Selon Ueli Sturzinger, c'est aussi grâce à la bonne image de la Suisse parmi les Kosovars que les projets helvétiques ont pu être réalisés avec efficacité. Actuellement, quelque 150 000 Kosovars vivent encore en Suisse.

«Ces projets, conjugués à la promotion économique faite par l'Office fédéral de l'économie, ont contribué à la renaissance d'une société civile, poursuit le coordinateur des programmes. Grâce à ces mesures, il a été possible d'organiser des élections et de s'approcher du moment où la communauté multiethnique du Kosovo pourra vivre pacifiquement avec une autonomie propre à l'intérieur de la République serbe.»

Daniele Papacella

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