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La Suisse veut mettre la pression à Montréal

Pendant que les politiciens débattent à Montréal, la glace fond en Alaska.

(Keystone)

Interview de l'ambassadeur Thomas Kolly, chef de la délégation suisse à la conférence de l'ONU sur les changements climatiques qui se tient à Montréal.

La réunion a débuté lundi au Canada. Et, durant plus de dix jours, c'est le protocole de Kyoto qui est au centre des discussions.

L'ambassadeur Thomas Kolly, chef des Affaires internationales de l'Office fédéral de l'environnement, se dit optimiste quant aux chances de la Suisse d'atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés en matière de réduction de ses émissions de CO2. Mais beaucoup de travail reste encore à faire.

Au début du mois, le directeur sortant du WWF International, Claude Martin, expliquait à swissinfo que beaucoup de nations – dont la Suisse - n'engagent pas les moyens nécessaires pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ainsi récemment, l'idée d'une taxe sur les émissions de CO2 a été repoussée. Et le projet d'une autre taxe sur les camions et autres véhicules à fortes émissions polluantes a été écartée par le gouvernement.

swissinfo: Thomas Kolly, qu'attendez-vous de la Conférence de Montréal?

Thomas Kolly: Nous espérons adopter les règles d'application du protocole de Kyoto afin de le rendre opérationnel et d'améliorer les mécanismes existants.

Au Canada, il est également nécessaire d'aborder l'après 2012, soit la fin de la première période d'engagement du protocole de Kyoto. Les efforts des pays industrialisés sur leurs propres émissions ne seront pas suffisants pour régler les problèmes de changement climatique. Il faut une participation de tous les pays, développés et en voie de développement.

swissinfo: La Suisse s'est engagée à réduire ses émissions de gaz carbonique de 1,8 million de tonnes par an entre 2008 et 2012. Cet engagement est-il réalisable?

T.K.: Nous avons ratifié le protocole Kyoto. En Suisse, nous avons pour habitude de respecter nos engagements et nous allons tout faire pour atteindre le but que nous nous sommes fixé.

swissinfo: La Suisse est-elle dans les temps?

T.K.: Nous sommes en discussion sur les différents instruments nous permettant d'atteindre les buts découlant de Kyoto. Je pense notamment à la taxe sur le CO2 qui est un mécanisme très important. Mais je suis assez optimiste quant aux possibilités d'atteindre notre but.

swissinfo: Que va-t-il se passer en matière de lutte contre le réchauffement de la planète après 2012?

T.K.: On entend souvent dire que le protocole de Kyoto prendra fin en 2012, mais ce n'est pas le cas. 2012 correspond à la fin de la première période d'engagement du protocole. Mais celui-ci stipule que des discussions doivent se tenir maintenant sur la seconde période d'engagement, soit justement après 2012.

Pour la Suisse, il est très important que Kyoto se poursuive au-delà de 2012. La grande question est de savoir avec quels buts et quels nouveaux éléments. Nous pensons que tous les pays doivent participer aux efforts futurs de réduction des émissions des gaz à effet de serre. A Montréal, les discussions vont porter sur qui doit faire quoi, et dans quelle mesure.

swissinfo: Vous dites tous les pays! Pensez-vous réellement que les Etats-Unis – qui ont rejeté Kyoto en 2001 – vont participer aux efforts climatiques après 2012?

T.K.: Notre but est justement que tous les grands émetteurs de gaz à effet de serre soient inclus dans le futur régime. Les Etats-Unis, qui émettent 20% des émissions totales de gaz carbonique pour une population ne représentant que 4% de la planète, doit certainement être partie prenante.

Je dois dire que les Etats-Unis ont fait énormément dans le champ de la technologie et de la recherche afin de trouver des solutions permettant de lutter contre le problème des émissions de gaz à effet de serre.

Mais cette lutte est un tout et nous, Suisses, voulons inclure dans ce combat les Etats-Unis mais également des pays tels que l'Australie, la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Une chose est sûre, je serais satisfait si je pouvais sortir de cette conférence en ayant la certitude que tout le monde a réalisé que nous avons un grand problème et que tous les participants sont prêts à lutter dans le même sens.

swissinfo-interview, Thomas Stephens
(Traduction et adaptation de l'anglais, Mathias Froidevaux)

Faits

Les 39 pays industriels signataires du protocole de Kyoto au Japon en 1997 ont décidé de combattre le réchauffement de la planète.
Ils ont accepté de réduire leurs émissions polluantes (principalement le CO2) de 5,2% en moyenne au-dessous des niveaux de 1990 d'ici 2012.
Le Parlement suisse a ratifié le protocole de Kyoto en juin 2003.
D'ici 2010, la Suisse prévoit une diminution de 10% du CO2 produit par les énergies fossiles par rapport au niveau de 1990.
Entre 2008 et 2012, les émissions de CO2 devront être réduites de 1,8 million de tonnes par an.

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En bref

- La Conférence sur les changements climatiques de l'ONU se déroule à Montréal du 28 novembre au 9 décembre 2005.

- Un peu plus de 7'000 délégués et observateurs de 189 pays vont discuter des applications du protocole de Kyoto et des futures initiatives.

- Cette 11ème Conférence des parties signataires de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 11) est également la première réunion mondiale depuis l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto.

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