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Pesticides et santé des agriculteurs: état des lieux en Suisse

Les produits phytosanitaires sont dispersés par le vent et peuvent encore être détectés à un kilomètre du lieu de pulvérisation, comme ici dans le Valais.
Les produits phytosanitaires sont dispersés par le vent et peuvent encore être détectés à un kilomètre du lieu de pulvérisation, comme ici en Valais. Imago / blickwinkel

En Suisse, on examine si les pesticides entraînent davantage de cas de Parkinson chez les agriculteurs. À l'étranger, cette affection est considérée comme une maladie professionnelle pour les paysans. Chez nous, de nombreuses données manquent.

En Allemagne, un paysan qui a manipulé des pesticides pendant plus de 100 jours au cours de sa vie professionnelle et qui développe la maladie de Parkinson a droit à une indemnisation financière. Parkinson est en effet considéré comme une maladie professionnelleLien externe – tout comme en Italie et en France.

>> Ecouter le reportage de SRF (en allemand):

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Pas d’inquiétude pour les hélicoptères de traitement en Valais

Les préoccupations vont au-delà des agriculteurs: de nombreux parents valaisans s’inquiétaient aussi, car leurs enfants souffraient régulièrement de maladies respiratoires entre mars et mai. Précisément à la période où les hélicoptères pulvérisent régulièrement des produits phytosanitaires dans les villages viticoles comme Salquenen ou Chamoson.

Sur mandat du canton du Valais, les chercheurs de Bâle ont examiné la situation. Ils ont équipé 200 enfants de bracelets sur lesquels 35 pesticides différents ont été enregistrés au cours de quatre séries de mesures. Parallèlement, les chercheurs ont testé le volume pulmonaire des enfants.

Des atteintes à la santé se sont effectivement produites durant cette période. Cependant, celles-ci correspondaient à l’augmentation des pollens et de la pollution atmosphérique et non aux pesticides. On peut donc être rassuré, du moins à court terme.

Étude de santé et inventaire des pesticides supprimés

«Pour évaluer tous les effets à long terme de ces cocktails de pesticides, il faudrait toutefois des études à plus grande échelle», explique Samuel Fuhrimann de l’Institut tropical et de santé publique suisse. Bien qu’en Suisse de nombreux pesticides soient utilisés, les mêmes qui sont employés à l’étranger, la situation ne peut pas être transposée telle quelle.

Les agriculteurs qui manipulent régulièrement et pendant de longues périodes des produits phytosanitaires sont les plus exposés. (Image symbolique)
Les agriculteurs qui manipulent régulièrement et pendant de longues périodes des produits phytosanitaires sont les plus exposés (image symbolique). KEYSTONE/Christian Beutler

«La plupart des preuves du lien entre utilisation de pesticides et Parkinson proviennent de produits phytosanitaires qui ne sont aujourd’hui plus utilisés», explique l’expert. Pour faire des affirmations solides sur la situation actuelle en Suisse, il faudrait donc des données plus récentes et une étude de santé à long terme avec des échantillons d’urine prélevés dans toute la population suisse. De plus, il est nécessaire de savoir qui a épandu quand, combien de produits phytosanitaires et sur quelles surfaces?

Il y a cinq ans, le Parlement a approuvé une telle collecte de données. Entre-temps, la transparence de cette démarche appelée Digiflux a été si fortement restreinte qu’elle n’apporte plus grand-chose à la recherche. L’étude de santé à grande échelle a également été supprimée pour des raisons financières. Il faut donc craindre qu’à l’avenir, en Suisse, on ne puisse guère faire d’affirmations claires sur les effets sanitaires des pesticides sur l’être humain.

Les autorités et la politique restent largement aveugles et dépendent d’études provenant de l’étranger. Car sans les données nécessaires, certains pesticides, qui ne posent pas de problème, peuvent être diabolisés alors que d’autres, parfois hautement toxiques, sont simplement négligés.t Fuhrimann.

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À l’approche du vote sur les initiatives relatives à l’eau potable et aux pesticides, le Parlement suisse a décidé en 2021 de créer un système visant à accroître la transparence sur l’utilisation des pesticides en Suisse.

Les agriculteurs bénéficiant de paiements directs sont déjà tenus de consigner leur utilisation de pesticides dans un registre de parcelle. À terme, cet enregistrement devait se faire numériquement, permettant ainsi aux chercheurs, par exemple, de retracer facilement les parcelles et les dates d’utilisation des pesticides.

Or, la situation a évolué au Parlement. Les organisations agricoles exigent une réduction significative, voire une suppression totale, de la transparence. Seuls les détaillants seraient tenus de déclarer les quantités et les clients des pesticides vendus. Une proposition de compromis prévoit que les agriculteurs consigneraient uniquement la quantité totale de pesticides utilisés sur leurs exploitations, sans préciser les parcelles concernées. Cette mesure restreindrait considérablement la recherche.

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