La Suisse est-elle vraiment restée à la maison pendant le confinement?

Une image inhabituelle: la gare principale de Zurich pratiquement vide, alors qu'elle grouille habituellement de voyageurs. © Keystone / Christian Beutler

Depuis le 16 mars, la Suisse a gelé une bonne partie de ses activités sociales. À l’heure de l’annonce d’une levée progressive du confinement, c’est le moment de tenter un premier bilan: les six graphiques qui suivent montrent comment ces mesures ont influencé la mobilité des Suisses.

Ce contenu a été publié le 24 avril 2020 - 15:42

Les mesures édictées par les autorités comportent de nombreuses limitations pour la population. Depuis le 16 mars, tous les commerces sont fermés, à l’exception des magasins d’alimentation et des pharmacies. Bars, restaurants, écoles, cinémas et théâtres ont aussi leurs portes closes.

Un rayon d’action qui se réduit

Le Conseil fédéral invite la population à rester à la maison. Il ne promulgue toutefois pas une sorte de couvre-feu, comme dans d’autres pays. L’État suisse a confiance dans la responsabilité individuelle et dans la solidarité de ses citoyens. Mais cette confiance est-elle bien placée? Les gens restent-ils vraiment chez eux?

Sur mandat de l’École polytechnique fédérale de Zurich et de l’Office de la statistique du canton de Zurich, l’entreprise Intervista a mesuré la mobilité de la population suisse en se basant sur les données issues de la téléphonie mobile. Le graphique suivant montre dans quelle mesure la distance moyenne parcourue quotidiennement a changé parmi les différentes tranches d’âge au cours des dernières semaines.

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Comme on peut clairement le voir, le rayon d’action de toutes les tranches d’âge a sensiblement diminué après le confinement. Même durant le week-end de Pâques, du 10 au 13 avril, une période généralement très appréciée pour les escapades, la population n’a pas beaucoup bougé. Dans leur majorité, les habitants de la Suisse semblent avoir suivi les indications du gouvernement.

La population évite les transports publics

Le géant de l’informatique Apple publie depuis un certain temps des informations relatives aux demandes d’itinéraires sur ses iPhone. Ces données permettent de comprendre quels moyens de transport sont utilisés et à quelle fréquence. Des données pertinentes puisqu’en Suisse, 40% des téléphones portables sont des iPhone.

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Les demandes ont fortement diminué pour tous les moyens de transport après le début du confinement. La diminution relative du recours aux transports publics est particulièrement évidente. Cela pourrait également s’expliquer par le fait que l’offre en transports publics a été sensiblement réduite dès la mi-mars.

L'allègement de l’horaire et la diminution des passagers ont cependant aussi eu un effet positif: les trains sont plus souvent à l’heure.

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L’aviation civile a aussi subi de plein fouet les effets de la crise sanitaire. Peu de gens pensent passer des vacances dans des lieux exotiques, d’autant plus que de nombreux pays ont introduit de sévères limitations d’entrée sur leur territoire. On peut constater cette baisse notamment à l’aéroport de Zurich, où le nombre de vols a drastiquement diminué au cours des dernières semaines.

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Le beau temps invite à sortir

Cette année, le printemps en Suisse est magnifique. Le soleil brille, les températures sont très agréables et la nature refleurit plus tôt que d’habitude. Rester chez soi en cette période est donc difficile, d’autant plus qu’en Suisse, il n’est pas formellement interdit de sortir.

Les données de Google Mobilité Report permettent de déterminer combien de personnes fréquentent un endroit déterminé.

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Alors que la majeure partie des endroits sont déserts, l’augmentation des visites dans les parcs publics est évidente. Les gens ne s’éloignent pas beaucoup de leur domicile, mais veulent quand même profiter du soleil.

Le trafic se déplace sur Internet

Le trafic sur Internet augmente de manière inversement proportionnelle à la diminution du trafic sur les routes et sur le rail. Beaucoup d’entreprises sont passées au télétravail, l’école se déroule en ligne et amis se rencontrent par vidéoconférence. Internet permet ainsi une sorte de mobilité.

Le réseau n’est toutefois pas saturé. Certes, l’augmentation du trafic se voit, mais on n’atteint pas les pics de Noël et de Nouvel An, a fait remarquer Christian Wittenhorst, PDG de SwissIX dans les colonnes du quotidien Tagesanzeiger.

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