Où va le Servette FC?

Me Christian Lüscher, nouveau président de Servette. Keystone

Rongé par les soucis financiers, le Servette FC a provisoirement pu redresser la tête.

Ce contenu a été publié le 08 novembre 2002 - 18:00

Mais, malgré la nomination d'un nouveau président, la zone de turbulences n'appartient pas encore au passé.

Servette ne serait pas Servette sans ces tumultes permanents, ces intrigues en coulisses, ces revers de fortune et, malgré tout, cette place toute particulière qu'il occupe sur la place genevoise et dans le football helvétique.

Mercredi, le club a nommé un nouveau président en la personne de Christian Lüscher (38 ans), avocat et député libéral au Grand conseil genevois, élu à la tête d'un groupe commando pour sauver les meubles.

Celui-ci a déjà annoncé la couleur. «Nous allons devoir réduire les dépenses. Pour l'heure, le budget du club s'élève à 11,5 millions de francs. Il devrait à l'avenir avoisiner les 9 millions.» Peut-être même moins.

Proche du dépôt de bilan

Depuis plusieurs mois, les chiffres les plus alarmistes circulaient au sujet des finances du club grenat.

Le voile a été levé lors d'une assemblée extraordinaire: au soir du 25 octobre, en manque de liquidités, Servette a bel et bien risqué le dépôt de bilan et la mise en faillite pure et simple, ne parvenant pas à faire face à un déficit de 2,7 millions de francs.

Mais c'est un prêt du groupe Jelmoli (actionnaire à 15% du club et fortement engagé dans le projet du nouveau stade de la Praille) qui a permis in extremis d'éviter cette situation peu enviable.

«Il s'agissait de sauver l'essentiel, nous sommes passés à une demi-heure du dépôt de bilan et nous avons agi dans l'urgence», reconnaissait Alain Rolland, directeur de Jelmoli et nouveau vice-président du Servette FC.

La fin de l'ère Canal+

Le «business plan» façonné à la hâte a apporté au club un bol d'air frais, mais pas de garanties solides pour son avenir. Même si la situation s'est un brin clarifiée. L'ère de Canal+, qui avait pris les destinées du club en 1997, est définitivement terminée.

La chaîne cryptée parisienne a cédé ses 43% d'actions: 10% ont été achetés par l'horloger Franck Müller, 5% par un homme d'affaires à la retraite, Francesco Vinas.

Faites les comptes, 28% n'ont pas encore trouvé preneurs. «Ils seront distribués d'ici à fin novembre à quatre ou cinq investisseurs, le planning sera respecté», confirme Me Christian Lüscher.

Aucune majorité ne se dégage clairement à la tête du club avec ce partenariat éparpillé: 30% d'actions aux mains de l'ancien président Michel Coencas (qui n'investit plus un seul centime), 28% hérités de Canal+, 15% pour le groupe Jelmoli, 10% pour Franck Müller, 7% pour l'Association du Servette, 5% pour Francisco Vinas et le reste réparti entre plusieurs petites mains.

Le président Christian Lüscher apparaît comme un homme de compromis, qui ne détient personnellement aucune action. Gouverner dans ces conditions ne sera pas de tout repos...

swissinfo/Jonathan Hirsch

En bref

- Au soir du 25 octobre le Servette FC a frôlé le dépôt de bilan.

- Le club ne parvenait pas à faire face à un déficit de 2,7 millions.

- Un prêt du groupe Jelmoli (actionnaire à 15% du club et engagé dans le projet du nouveau stade de la Praille) a permis de sauver les meubles in extremis.

- La chaîne télévisée cryptée parisienne Canal+ a cédé ses 43% d'actions.

- Mercredi, un nouveau président a été nommé à la tête du Servette FC en la personne de Christian Lüscher.

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