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Deux juges pistent une filiale de Thomson à Berne

Vente de frégates à Taïwan, trafic d'armes vers l'Angola... l'ombre des affaires qui ont secoué la France plane également sur la Suisse. Keystone Archive

La société Thomson-CSF Holding Suisse, installée à Berne, vient d'être mise en liquidation. Cette décision intervient au moment où deux juges genevois, Paul Perraudin et Daniel Devaud enquêtaient sur son ancien directeur, le Suisse Josef Merk.

C’est, en tout cas, ce qu’affirme le mensuel français Capital dans son numéro de septembre. Et ce n’est pas tous les jours qu’un magazine français consacre trois pages à un Suisse, pratiquement inconnu de ses compatriotes, Josef Merk, décédé l’année dernière d’un cancer.

Un personnage au passé trouble

L’ancien patron de Thomson-CSF Holding Suisse, filiale du géant tricolore, installée à Berne, était le fils spirituel d’un personnage au passé très trouble, le Français Etienne Léandri, lui-même décédé en 1995.

Etienne Léandri, collaborateur durant la Seconde guerre mondiale, est contraint de se réfugier en Allemagne à la Libération. De là, il rejoint la Confédération et vit quelques années avec une Suissesse, mère d’un petit garçon prénommé Josef.

Bref, quand Etienne Léandri peut enfin revenir en France et se lancer dans les affaires, il n’oublie pas son fils adoptif. Il réussit même à le faire nommer en 1990 patron de la filiale suisse de Thomson. A la même époque, Josef Merk se fait connaître comme ardent lobbyiste de l’avion français, le Mirage 2000, qui ambitionnait d’équiper l’aviation suisse.

Depuis, Josef Merk a-t-il été lié à l’affaire Elf, à la vente de frégates Thomson à Taiwan et au trafic d’armes vers l’Angola? Deux juges d’instruction genevois, en charge de ces trois dossiers, Paul Perraudin et Daniel Devaud auraient croisé son nom, selon le mensuel Capital.

Un proche de Charles Pasqua

Il est vrai que Daniel Léandri, proche collaborateur de l’ancien ministre Charles Pasqua, travaillait à la fois pour Elf et pour Thomson. De plus, cet ancien collaborateur de la Gestapo était actif dans la vente d’armes. Daniel Léandri percevait notamment 83 000 francs français (20 000 francs suisses) par mois d’Elf Aquitaine International, société installée à Genève.

Le juge Daniel Devaud a découvert récemment qu’un compte ouvert à l’agence genevoise de la IBZ Investment Bank avait continué à enregistrer des mouvements après le décès d’Etienne Léandri en 1995.

La fermeture de Thomson CSF Holding Suisse à Berne le 26 mars dernier a-t-elle un lien avec ces enquêtes? Philippe Boillod, son directeur, qui a succédé à Daniel Léandri, contacté jeudi matin par swissinfo «n’a pas souhaité faire de commentaire». Thomson CSF Holding Suisse ne comptait plus que deux salariés. Et Thomson possède une autre filiale en Suisse, à Zurich.

Ian Hamel

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