L’ONU au chevet de la planète
La quasi-totalité des membres de l'ONU se retrouvent lundi à Marrakech pour lutter contre le réchauffement de la planète. Plus la Suisse, qui est plutôt optimiste.
Prévue jusqu’au 9 novembre, avec la participation de nombreux ministres de l’Environnement, cette conférence, organisée sous haute surveillance dans un pays musulman, marque la première réunion à l’étranger des Nations-unies depuis les attentats du 11 septembre.
Lui-même adopté dans le prolongement de l’historique Convention sur le climat de Rio en 1992, le Protocole de Kyoto, adopté en 1997, marque la première réponse globale de la communauté internationale au très préoccupant problème du réchauffement de la planète.
Le compromis impossible
Fruit d’un difficile et tortueux compromis politique, notamment entre pays industrialisés et en développement, le Protocole de Kyoto n’est toujours pas entré en vigueur. Il a été considérablement fragilisé par la décision en mars du président américain George W. Bush d’abandonner son processus de ratification.
Après avoir été l’une des locomotives de ce processus pendant l’administration Clinton, les Etats-Unis, premiers pollueurs mondiaux avec plus 36% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne sont plus qu’observateurs. Pour entrer en vigueur, Kyoto doit être ratifié par les 55 pays responsables de plus de la moitié du tonnage mondial d’émissions de GES.
Ce document offre un cadre légal pour la réduction globale des GES d’au moins 5% à l’horizon 2010. Ces émissions, au premier rang desquelles celles de gaz carbonique (CO2) d’origine industrielle, sont en effet considérées par les scientifiques comme les principaux vecteurs du réchauffement de la planète, dont les conséquences sont déjà perceptibles sur le niveau des mers, l’altération des calottes glaciaires et le niveau des précipitations.
Des discussions très techniques
A Marrakech, les experts d’environ 180 pays vont donc négocier les modalités d’application des décisions politiques adoptées lors de la dernière conférence sur le climat, en juillet à Bonn. Ces discussions, particulièrement techniques, seront menées sous le regard vigilant de puissantes organisations non-gouvernementales comme le WWF (Fonds mondial pour la nature, World Wide Fund).
Le risque de voir renégocier à Marrakech ce qui avait déjà difficilement été acquis à Bonn, et notamment la pondération par pays des droits d’émission de GES, est pris très au sérieux par les ONG et certains pays en pointe comme ceux de l’Union europénne qui a déjà amorcé le processus de ratification.
swissinfo avec les agences
La Suisse plutôt optimiste
Membre de la délégation suisse, l’ambassadeur Beat Nobs est plutôt optimiste. Il a notamment déclaré à swissinfo: «Depuis qu’un accord a pu être trouvé, lors de la dernière conférence sur le climat en juillet à Bonn, nous sommes plutôt optimistes en allant à Marrakech. Nous disposons maintenant d’une entente internationale, moins les Etats-Unis bien sûr. Mais nous disposons maintenant d’une base légale et, à Marrakch, il s’agira de régler les modalités techniques de cet accord».
swissinfo
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