La bataille en vue de l’adhésion à l’UE a déjà commencé
Les grands partis sont unanimement satisfaits des résultats. Pour certains, le oui massif aux bilatérales est un signal pour une adhésion rapide à l'Europe. Mais pas pour d'autres.
Le «oui» aux accords bilatéraux a été très bien reçu dans les milieux politiques, et pourtant les avis divergent sur la suite à donner à ces accords. Vaincus par KO technique, les Démocrates Suisses (DS) et la Lega n’ont pas pour autant baissé leur garde. Preuve en est l’interprétation du vote donnée par le conseiller national tessinois Flavio Maspoli. Pour le leader de la Lega, «tous les gens qui ne voulaient pas l’adhésion à l’Europe ont voté oui à ces bilatérales». Les Démocrates Suisses ont même brandi la menace d’un référendum si la Suisse venait à poursuivre son rapprochement avec l’UE.
L’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) offre sans surprise la même analyse. Il n’est plus question d’adhésion de la Suisse à l’Union européenne.
Parmi les partis gouvernementaux, l’Union démocratique du centre (UDC) donne l’interprétation la plus restrictive. Pour elle, le «oui» signifie que la voie bilatérale est le seul pas que la Suisse est prête à faire vers l’Europe. L’approbation des bilatérales est un désaveu pour le Conseil fédéral, dont le but stratégique est l’adhésion à l’Union européenne.
De leur côté, les radicaux sont des adeptes du statu quo. Le président du parti, Franz Steinegger, a souligné l’importance des accords pour l’économie, mais il ne veut pas pour le moment entendre parler d’adhésion.
Les démocrates-chrétiens sont pour leur part divisés. Ainsi Adalbert Durrer, président du PDC, estime que le «oui» aux accords bilatéraux ne signifie pas qu’il faut réactiver dans l’immédiat la demande d’adhésion. Un avis que ne partage pas le conseiller national Jean-Philippe Maitre (PDC/GE). Membre du comité «Oui aux accords bilatéraux», il estime que la demande d’adhésion devra être réactivée avant la fin de la législature.
Les socialistes restent le seul parti gouvernemental à dire que le Conseil fédéral doit désormais relancer «rapidement» la demande d’adhésion de la Suisse à l’UE. Le président ad interim du Parti socialiste, Pierre Aebi, voit deux dossiers sensibles pour ce rapprochement vers une adhésion complète: les droits populaires et le secret bancaire.
Enfin, le camp des pro-Européens savoure la victoire. Et en premier lieu François Cherix, président du mouvement Renaissance Suisse-Europe. Pour ce membre du comité qui a lancé l’initiative «Oui à l’Europe», les masques pourront tomber. Chacun, dans la classe politique ou dans la population, pourra définir clairement
sa position à l’égard de l’Europe.
swissinfo avec les agences
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