Le personnel de l’ONU quitte l’Afghanistan, le CICR reste
L'ONU a décidé, d'une façon provisoire mais immédiate, d'évacuer son personnel international en activité en Afghanistan. Une décision justifiée par les «circonstances internationales». Les délégués du CICR, eux, restent sur place. Confirmation à Genève.
L’évacuation des quelque 80 collaborateurs expatriés de l’ONU en Afghanistan a commencé mercredi et devrait être achevée jeudi. Cette décision a été confirmée par le Service d’information de l’Office des Nations Unies à Genève.
Côté onusien, on précise que ce déplacement se fait avec la coopération des autorités afghanes qui ont délivré les autorisations de vol nécessaires, on parle de mesures de précaution, mais on se refuse à faire explicitement un quelconque lien avec les attentats commis aux États-Unis.
Les organisations humanitaires onusiennes disent par contre espérer que leurs activités pourront ensuite reprendre normalement de manière à garantir aux populations afghanes concernées toute l’assistance dont elles ont besoin avant le début de l’hiver.
Le CICR fait une évaluation sérieuse des risques
Soixante-dix expatriés oeuvrent aussi actuellement dans les sept unités (délégation, sous-délégations et bureaux) du Comité International de la Croix-Rouge dispersées sur le territoire afghan. Mais, du moins pour le moment, tous restent sur place.
«Nous appliquons toujours les mêmes règles, nous explique Antonella Notari, cheffe de l’information du CICR, à savoir que tout responsable de délégation est tenu de faire une évaluation sérieuse et continue des risques de sécurité.»
En Afghanistan, les délégués ont plus ou moins suspendu leurs activités de terrain pour prendre précisément le temps d’évaluer les risques et problèmes potentiels: «en l’état actuel, les équipes du CICR sont maintenues sur place, mais c’est une décision qui peut changer».
«Partir serait une mesure extrêmement sérieuse, poursuit Antonella Notari, avant d’en arriver là, on peut cependant imaginer d’éventuelles mesures provisoires comme une réduction du personnel ou son regroupement.» Mais c’est à la direction de l’organisation qu’il appartiendrait, le cas échéant, de décider d’un retrait total de son personnel expatrié.
Au siège de Genève, on insiste sur le fait que le CICR est présent de manière continue en Afghanistan depuis une bonne vingtaine d’années et que ses collaborateurs (dont 2000 agents locaux) travaillent dans tout le pays en toute transparence.
En juin dernier, l’organisation humanitaire avait lancé un appel pour une rallonge budgétaire de plus de dix millions de francs suisses pour venir en aide à quelque 600 000 personnes supplémentaires confrontées à la guerre et à la sécheresse.
Bernard Weissbrodt, Genève
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.