Les Etats-Unis déploient leur force de frappe militaire
Washington rejette la décision des oulémas afghans qui ont demandé jeudi à Oussama ben Laden de quitter le pays. Les Etats-Unis exigent la fermeture des camps d'entraînement du milliardaire arabe. Signe que l'on s'achemine vers des représailles, les premiers déploiements du dispositif militaire américain dans le Golfe Persique et l'Océan Indien ont débuté.
«C’est l’heure de l’action et plus celle des mots; le président George W. Bush a exigé que les personnages-clés de l’organisation terroriste al-Kaïda, Oussama ben Laden compris, soient remis aux autorités responsables, et que les Talibans ferment les camps terroristes en Afghanistan», a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer.
La riposte américaine au quadruple attentat du World Trade Center et du Pentagone est baptisée «Justice sans limite». Et, fait sans précédent, les Etats-Unis sont appuyés par la Russie dans leur déploiement militaire. Washington a en effet reçu l’autorisation de Moscou pour déployer des avions de combat en Ouzbékistan et au Tadjikistan.
Des centaines d’avions de combat
La Russie a encore de nombreuses bases et des milliers d’hommes dans ces deux anciennes républiques d’Union Soviétique situées à la frontière nord de l’Afghanistan.
Par ailleurs, 2200 Marines entraînés aux opérations de commando doivent quitter aujourd’hui leur base de Camp Lejeune en Caroline du Nord, à bord de trois bateaux amphibies et en direction du Golfe Persique.
Ce contingent fait partie du groupe aéronaval du porte-avions Théodore Roosevelt, qui est en route pour la région depuis hier. Le porte-avions est fort de 15 000 hommes et de 75 appareils. Il est accompagné par les 14 bâtiments de son escadre.
Jeudi, George Bush a également ordonné le déploiement d’une centaine d’avions de combat: des chasseurs F-15 et F-16, des bombardiers B-52 et B-1, des AWACS pour le commandement et le soutien radar, ainsi que des avions-espions U-2. Tous ces appareils se rendront dans le Golfe par leurs propres moyens et viendront étoffer les forces américaines stationnées dans la région.
Sur l’île de Guam
A l’autre bout du monde, le destroyer Cushing est parti jeudi du Japon pour une destination qui n’est pas précisée. Il a été précédé des croiseurs Vincennes, Cowpens, et du contre-torpilleur Wilbur, tous équipés de missiles. Demain, le porte-avions Kitty Hawk, lui-aussi basé au Japon, prendra le large pour rejoindre l’Océan Indien.
Le déploiement militaire prend donc de l’ampleur, mais il avait commencé dès la semaine dernière, quand des bombardiers et un bâtiment équipé de missiles avaient été déployés sur l’île de Guam, un territoire américain du Pacifique Sud.
Une campagne de longue durée
A l’évidence, des représailles militaires font partie des options que l’administration Bush envisage. Les stratèges du Pentagone étudient toute une panoplie, allant d’opérations coups de poing menées par les Forces Spéciales, de petites unités de soldats d’élite à l’image des Marines de Camp Lejeune, jusqu’à une invasion d’infanterie, plus classique, de l’Afghanistan et d’autres pays soutenant le terrorisme, en passant par une combinaison d’opérations commandos et de raids aériens.
Le président américain a d’ores et déjà insisté sur le fait qu’il entend mener une campagne de longue durée pour éradiquer le terrorisme, une campagne qui, devant la complexité des réseaux terroristes à l’œuvre, aura plusieurs volets: militaire, mais aussi politique, économique et financier.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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