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Les radicaux rejettent l’initiative «Oui à l’Europe»

Le président du PRD, Franz Steinegger, a mis en garde contre les dangers du populisme. Keystone

Le Parti radical suisse ne veut pas de négociations d'adhésion immédiates à l´Union européenne, soumise au peuple le 4 mars. Le débat de l´assemblée extraordinaire de samedi à Olten a cependant révélé le net fossé qui sépare Romands et Alémaniques.

A l’image du conseiller national vaudois Yves Christen, plusieurs délégués ont rappelé que les radicaux s’étaient donné en 1995 déjà l’objectif de l’adhésion.

Si la Suisse tarde trop à relancer les négociations d’adhésion, elle restera isolée et ne pourra pas participer à la réforme en profondeur de l’UE. «Ce scénario de moratoire donnerait du courage aux isolationnistes blochériens et finirait par décourager tous ceux qui croient au projet européen», a mis en garde M. Christen.

Le conseiller national genevois John Dupraz a lui aussi souligné que la Suisse avait tout à perdre en tardant trop à adhérer à l’UE. «Nous arriverons après les pays de l’Est. Et à ce moment-là, ce ne sera plus des négociations, mais un Anschluss», a lancé le Genevois.

Ces arguments n’ont pas emporté l’adhésion de l’assemblée. La majorité a estimé que l’initiative risque plutôt d’être contre- productive. Le conseiller aux Etats schaffhousois Peter Briner a plaidé pour le pragmatisme et la politique des petits pas.

«Lors de la campagne sur les accords bilatéraux, on a proclamé haut et fort qu’il ne s’agissait pas d’un premier pas vers l’adhésion», a déclaré Peter Briner. Avec l’initiative «Oui à l’Europe», le peuple pourrait avoir le sentiment d’être mené en bateau, a-t-il averti.

D’autres délégués ont estimé qu’il fallait d’abord expérimenter les accords bilatéraux avant d’aller plus loin. «L’adhésion à l’UE n’est pas une nécessité à l’heure actuelle», a dit l’un d’eux.

Le ministre de l’économie Pascal Couchepin a de son côté rappelé l’opposition du Conseil fédéral. Selon lui, une procédure précipitée d’adhésion conduirait à un échec populaire. «Cela fait mal de dire non à une initiative intitulée ‘Oui à l’Europe’, mais c’est probablement nécessaire», a dit M. Couchepin.

Finalement, les délégués du parti radical suisse ont rejeté par 133 voix contre 98 l’initiative populaire à l’issue d’un débat qui a marqué la fracture entre Romands et Alémaniques. Quelques jours plus tôt, les sections cantonales vaudoise et genevoise avaient pourtant annoncé la couleur en apportant clairement leur soutien à l’initiative. Les jeunes radicaux suisses s’étaient également déjà engagés en faveur du texte soumis au peuple le 4 mars.

A Olten, le président du PRD Franz Steinegger n’a pas officialisé sa démission, bien que les discussions en vue de sa succession soient déjà en cours. Souhaitant un parti ancré au centre-droit, il a plaidé pour la poursuite de la modernisation sur une base libérale, en évitant de mettre l’Etat trop fortement à contribution.

Il a aussi estimé qu’il ne devait pas y avoir de sujet tabou au PRD, notamment l’asile, les étrangers ou la criminalité. Mais les radicaux ne doivent se laisser séduire ni par le chauvinisme du populisme de droite ni par le populisme social de la gauche romande, a lancé M. Steinegger.

Les délégués ont en outre exigé une réforme en profondeur du système de la santé en Suisse, afin de réduire les coûts. Dans un texte adopté à l’unanimité, ils ont réclamé davantage de concurrence et plus de responsabilité individuelle.

Le texte stipule que l’assurance maladie obligatoire ne couvre que ce qui est médicalement nécessaire. L’individu doit ensuite pouvoir décider librement s’il veut s’assurer contre certains risques avec des assurances complémentaires.

Le document réclame aussi des franchises plus élevées, la suppression de l’obligation de contracter et un choix limité des prestataires de soins. Les hôpitaux doivent devenir des entreprises indépendantes. Les radicaux s’opposent ainsi clairement aux socialistes, dont une initiative réclame le calcul des primes selon le revenu, or les radicaux rejettent l’idée de cet «impôt sur la richesse.

swissinfo avec les agences

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