Les Suisses de Grande-Bretagne réunis à Cardiff
Il y a peu, la 44ème assemblée générale de la Fédération des Sociétés Suisses en Grande-Bretagne (FOSSUK) s'est tenue à Cardiff, Pays de Galle. Le manque de relève et le vote par Internet y ont notamment été évoqués.
Cette manifestation de trois jours, qui se tient chaque année en un lieu différent, a débuté par un concert du BBC Welsh Orchestra, dirigé par le Suisse Thierry Fischer.
Anecdote linguistique: durant la pause, une élégante lady s’approche de moi afin d’exprimer son avis à propos de la première partie du concert. «Je suis désolé, je ne parle pas gallois», lui dis-je. «Moi non plus», me répond cette dame qui vit à Londres depuis les années 60, et s’exprime en anglais… avec l’accent suisse allemand.
La Suisse et le Pays de Galles ont en effet quelques points communs: le suisse allemand et le gallois sont deux langues assez gutturales dont les habitants sont très fiers, le paysage est d’une beauté sauvage et naturelle, et les villes sont relativement peu peuplées – Cardiff est à peine plus petit que Zurich.
Entre eux, les membres du FOSSUK n’ont par contre pas grand chose en commun, mis à part leurs origines suisses. On y trouve, par exemple, un travailleur social qui aide ses compatriotes suisses établis en Grande-Bretagne, un Gallois né en Ethiopie de mère suisse, sans parler des membres de la plus ancienne communauté Suisse dans le monde, un club vieux de 150 ans à Manchester.
Manque de relève
Le lendemain a notamment eu lieu un débat sur l’avenir de l’organisation et la façon d’attirer du sang suisse neuf. Car selon Freddie Wyser, le président du FOSSUK qui vit depuis plus de 30 ans à Edinburgh, c’est un réel problème.
«Il est triste de constater que les jeunes Suisses semblent avoir une autre vision des choses… Appartenir à une société ou un club suisse est bien la dernière de leurs préoccupations. Certaines sociétés parviennent mieux que d’autres à attirer des jeunes, mais l’investissement des sociétés reste important par rapport au résultat obtenu. La seule façon de recruter de nouveaux membres est d’avoir un programme d’activités annuel qui soit attractif pour les jeunes.»
Relations helvético-britanniques
En ce qui concerne les relations britannico-suisses, Freddie Wyser explique que «cela dépend dans quel milieu on évolue. Le Suisse moyen en Grande-Bretagne ne constate pas de différences majeures dans ses relations avec les Anglais, les Gallois, les Irlandais du Nord ou les Ecossais. Mais lorsqu’on monte un peu dans l’échelle sociale et qu’on parle avec des banquiers, les avis différent quelque peu…»
A ce propos, quel est l’avis d’Alexis Lautenberg, ambassadeur de Suisse en Grande-Bretagne? «Il y a de vieilles traditions qui déterminent encore les valeurs actuelles. Nous sommes deux nations très pragmatiques, deux pays très industrialisés, ouverts au monde, mais il y a bien sûr aussi des domaines dans lesquels nous sommes en compétition, spécialement en ce qui concerne les marchés capitaux et les centres financiers», répond-il.
En évoquant la crise économique mondiale, Alexis Lautenberg explique que la Grande-Bretagne a été parmi les premiers pays à être touchés et que la Suisse, quant à elle, figure parmi les derniers. Parce qu’elle est très vulnérable du point de vue de ses exportations, elle va au-devant d’une période très difficile.
L’ambassadeur met l’accent sur l’importance de l’OSE eafin d’organiser et de représenter la Suisse à l’étranger au niveau institutionnel.
Vote électronique
A l’avenir les Suisses originaires de Bâle-Ville et vivant à l’étranger pourront voter par internet. «Nous sommes très heureux de cette opportunité. Bâle a fait un pas important sur un long chemin», dit Ruedi Wyder, le directeur de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE).
«L’OSE a demandé qu’on accélère ce processus parce que notre électorat à l’étranger en a besoin. Parfois, les gens ne votent pas ou ne participent pas aux élections en Suisse, bien qu’ils pourraient le faire, simplement à cause d’obstacles pratiques comme un service postal trop lent. La solution évidente est le vote électronique».
A noter que l’année prochaine, l’assemblée du FOSSUK aura lieu à Londres, étape incontournable.
Thomas Stephens, Cardiff, swissinfo.ch
(Traduction et adaptation de l’anglais: Philippe Varrin)
Le Conseil des Suisses de l’étranger compte 160 représentants des communautés expatriées et des institutions publiques en Suisse.
L’assemblée, qui se réunit deux fois par année, est l’organisme principal de l’Organisation des Suisses de l’Etranger (OSE).
Cette année, le congrès aura lieu à Lucerne en août.
Freddie Wyser, cuisinier à la retraite et spécialiste de l’industrie alimentaire, vit à Edinburgh en Ecosse depuis plus de 30 ans.
Il est président du FOSSUK depuis deux ans et membre du Swiss Club Edinburgh depuis cinq ans.
Selon le département des affaires étrangères, en 2008, 676.176 ressortissants suisses vivent à l’étranger (1,2% de plus qu’en 2007), contre 7,6 millions d’habitants en Suisse.
124.399 expatriés âgés de plus de 18 ans se sont inscrits pour voter, une augmentation de 4,2%.
Depuis 1992 les Suisses de l’étranger ont le droit de participer aux élections et votations fédérales par courrier depuis l’étranger.
Plus de 40 Suisses de l’étranger étaient candidats aux élections parlementaires du 21 octobre.
En 2003, il n’y avait que 17 candidats aux élections.
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