Zurich soutient clairement la nouvelle Crossair
Le Grand Conseil zurichois donne son feu vert à la participation cantonale de 300 millions de francs au capital de la nouvelle compagnie.
L’investissement a été approuvé lundi par 101 voix contre 67. La majorité qualifiée requise était de 91 voix. Les députés ont également accepté, par 157 voix contre 5, un cautionnement à hauteur de 100 millions de francs pour garantir le fonctionnement de l’aéroport de Kloten. Les deux crédits seront soumis au peuple, probablement le 13 janvier prochain.
Sans attendre cette date, et sur la base du cautionnement, le gouvernement mettra à disposition très rapidement une garantie de 35 millions de francs à chacune des sociétés annexes Atraxis (informatique) et SR Technics, en panne de liquidités. Au besoin, l’argent pourrait être débloqué ces prochains jours.
UDC et Verts dans le même camp
Le «oui» à la participation de 300 millions au capital de la nouvelle Crossair est intervenu après quatre heures de débat et plus 40 interventions à la tribune. Les radicaux, les socialistes, les démocrates-chrétiens et la majorité des évangéliques ont voté pour, alors que l’UDC, les Verts (à deux exceptions près chaque fois) et les démocrates suisses ont dit non.
Les partisans du projet ont estimé que le risque valait la peine d’être couru afin d’éviter des coûts sociaux encore plus importants et des licenciements en masse, en cas d’échec du projet Phénix. Il s’agit de limiter les dégâts pour l’économie zurichoise. L’enjeu premier n’est pas le sauvetage d’une entreprise privée, mais le maintien d’une infrastructure publique, ont-ils estimé en substance.
«Cynique et déloyal»
«Ce serait se montrer cynique, déloyal et non solidaire que de rejeter l’accord proposé et de mettre en péril des dizaines de milliers d’emplois», a déclaré le radical Thomas Isler. Le canton devra cependant veiller «à se retirer le plus vite possible», a ajouté son collègue de parti Lukas Briner.
Aux yeux des socialistes, l’investissement se justifie pour préserver les recettes fiscales et l’activité économique. «Sans nouvelle compagnie, on garderait les charges mais pas les emplois», a résumé Regula Götsch Neukomm.
«Il n’y a pas de véritable alternative» au projet Phénix, a déclaré le directeur cantonal de l’économie publique, Ruedi Jeker (PRD). Les chances sont nettement plus importantes que les risques. Un échec menacerait selon lui jusqu’à 30 000 emplois dans la région.
«Folie des grandeurs»
Les Verts voudraient renoncer au concept de «hub». L’argent serait mieux investi, selon eux, dans des programmes de reconversion, pour maintenir les emplois à long terme.
Une compagnie qui ne peut être sauvée que par l’intervention de l’Etat n’est pas viable, a déclaré Lorenz Habicher (UDC). L’engagement des pouvoirs publics n’est pas une garantie d’emploi.
La connivence de l’Etat et de l’économie privée ouvre la porte à «une nouvelle folie des grandeurs», craint le parti de Christoph Blocher.
Consultation décisive
Un rejet de la participation par le peuple zurichois entraînerait probablement un important redimensionnement du projet Phénix. D’autres cantons pourraient être amenés à reconsidérer leur position. La ville de Zurich remettrait également en question les 50 millions qu’elle a promis.
Au total, les cantons sont appelés à fournir 400 millions pour l’augmentation du capital de la nouvelle compagnie, qui doit être porté à 2,74 milliards de francs. De leur côté, Bâle Ville (26 millions), Bâle-Campagne (5 millions) et Genève (10 millions) ayant d’ores et déjà annoncé leur participation, il reste donc 59 millions à répartir entre les 22 cantons restants. Pour sa part, la Confédération versera 600 millions.
swissinfo avec les agences
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.