Adolf Ogi emmène Kofi Annan à la découverte de la Suisse
L´image insolite du week-end, c´est la randonnée du secrétaire général de l´ONU dans les Préalpes bernoises en compagnie du président de la Confédération. C´est aussi l´illustration de la politique des petits pas suisses en direction de l´ONU.
Le secret était bien gardé. Il y a quelque temps, Kofi Annan avait pris contact avec Adolf Ogi, président en exercice de la Confédération, mais aussi ministre de la Défense, de la Protection de la population et des Sports. Le secrétaire général de l’ONU souhaitait découvrir et connaître un peu mieux les paysages de ce pays où il fait souvent escale. Et pour cause: c’est en Suisse que l’organisation a établi depuis toujours son siège européen.
Adolf Ogi aurait sans doute souhaité que cette randonnée sur les sentiers de l’Oberland bernois se fît dans la plus grande discrétion. Mais voilà! Seul, il ne passe déjà pas incognito dans la région de Kandersteg dont il est originaire. Accompagné du numéro un de l’Organisation mondiale, une balade dans l’anonymat relevait du pari impossible, pour le grand plaisir des photographes et cameramen informés de l’événement local.
Mais ce n’est pas parce qu’on se promène en visite privée que l’on n’a pas le droit de parler de choses sérieuses. Adolf Ogi aura donc profité de l’occasion – comme il l’a déjà fait dans certaines conférences auprès de la presse étrangère – pour montrer très concrètement à son hôte ce qu’est le pas du montagnard, persuadé que c’est la meilleure façon d’expliquer comment la Suisse avance, lentement mais sûrement, un pas l’un après l’autre.
Justement. Il y a quelques semaines, peu avant les départs en vacances, le Conseil fédéral a lancé la consultation sur l’adhésion de la Suisse aux Nations unies, ce qui est la meilleure manière d’ouvrir le débat public sur ce genre de questions clefs de la politique nationale. Le gouvernement ne fait pas mystère de ses intentions: l’adhésion à l’ONU figure noir sur blanc dans ses objectifs de l’actuelle législature, c’est à ses yeux un acte nécessaire si les Suisses veulent défendre leurs intérêts au sein de la communauté internationale.
La procédure est ouverte jusqu’au début octobre. Comme d’habitude, les collectivités publiques, les formations politiques et les associations sont invitées à expliquer leurs prises de position. Idem pour les citoyens qui peuvent aussi donner leurs points de vue via Internet.
En 1986, la majorité du peuple et les cantons unanimes avaient infligé un camouflet au Conseil fédéral qui déjà prônait l’adhésion. Depuis lors, la configuration du monde a bien changé. Côté suisse, la seule chose certaine est que l’initiative populaire pour l’adhésion, lancée par un comité hors parti, a recueilli quelque 124 000 signatures, non sans rencontrer pas mal d’indifférence. Impossible par contre de prédire, aujourd’hui, la réponse que les citoyens de ce pays mettront dans l’urne d’ici deux ou trois ans.
Voilà qui méritait bien quelques explications et quelques petits pas d’Adolf Ogi avec son hôte. Et ami, sans doute.
Bernard Weissbrodt
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