Bilatérales: les Romands réputés pro-européens ne se sont pas vraiment mobilisés
Les électeurs romands restent certes les porte-drapeaux du rapprochement avec l’Europe. Mais sur le champ des bilatérales, ils n’ont pas livré bataille plus que les autres. Leur participation au scrutin se situe même dans la bonne moyenne suisse.
En Romandie, à peine un électeur sur deux a pris cette fois-ci le chemin des urnes, alors qu’ils étaient plus de 76 pour cent à l’avoir fait il y a huit ans pour dire un immense «oui» à l’Espace économique européen. Mais ils s’étaient retrouvés pratiquement seuls et avaient longtemps ruminé leur déception et leur colère. On aurait pu les imaginer très nombreux à prendre les urnes d’assaut pour défendre une fois encore leurs idées. Non. Ils semblent avoir fait leur devoir de citoyen comme les autres. Ni plus ni moins.
En chiffres absolus, le nombre des «oui» a même nettement reculé d’un tiers, passant de quelque 561’000 en 1992 à 390’000 aujourd’hui. En pourcentage, cela ne change pas grand-chose. Neuchâtelois, Jurassiens et Genevois affichent quasiment le même score. Les Vaudois font un peu mieux, avec 80,3 pour cent de «oui», et s’installent en tête de liste des pro-Européens de Suisse, toutes régions confondues. Même si l’enthousiasme n’est pas de mise, le résultat est sans équivoque: ces quatre cantons persistent et signent dans leur claire volonté d’ouverture à l’Europe.
On attendait cependant avec intérêt le vote de Fribourg et du Valais, deux cantons qui ont en commun de compter deux communautés linguistiques, francophone et alémanique. Il y a huit ans, les «oui» l’avaient emporté, mais le refus de la Singine et du Haut-Valais avaient nettement freiné le résultat positif des majorités cantonales. Cette fois-ci, en pourcentage, les «oui» gagnent dix points, les «non» en perdent autant et tous les districts fribourgeois et valaisans donnent leur feu vert aux bilatérales. Mais rien de très spectaculaire en cela. Les politologues reporteront sans doute sur ces deux situations particulières les mêmes analyses qu’ils font sur les résultats d’ensemble de la Suisse.
Bernard Weissbrodt
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