Bilinguisme et atome: deux votes tests pour la Suisse
Les cantons soumettent plusieurs sujets à leurs citoyens en marge des votations fédérales de dimanche. A Fribourg, c´est l´avenir du bilinguisme qui est en jeu, et à Berne celui de la centrale nucléaire de Mühleberg.
Les autorités fribourgeoises ont décidé de promouvoir le bilinguisme depuis la plus tendre enfance. Moyen choisi: dès l’école primaire, les petits Alémaniques suivront une partie de leurs cours en français et les petits francophones en allemand.
Les opposants à ce projet ont toutefois réussi à obtenir le référendum contre la nouvelle loi scolaire. Les défenseurs de la francophonie dénoncent notamment la «germanisation rampante» du canton, de nombreux professeurs doutent de pouvoir mettre un enseignement bilingue sur pied et des parents craignent que leurs enfants éprouvent des difficultés scolaires.
Le scrutin permettra de voir dans quelle mesure les Fribourgeois sont prêts à relever les défis, afin de promouvoir l’acquisition d’une deuxième langue nationale. A l’heure où certains cantons sont prêts à sacrifier une langue nationale au profit de l’apprentissage précoce de l’anglais, leur avis pourra prendre l’allure de test national.
Les citoyens bernois devront de leur côté se prononcer sur l’avenir de la centrale nucléaire de Mühleberg. Une initiative du comité «Berne sans atome» exige en effet la fermeture définitive de cette installation pour la fin 2002.
Mais les initiants vont plus loin encore. Ils demandent aux Forces motrices bernoises (FMB) de renoncer à acheter du courant électrique d’origine nucléaire et d’inciter leurs partenaires à abandonner cette technologie.
Cette votation intervient alors que, au plan national, le souverain devra bientôt se prononcer sur deux initiatives antinucléaires: «Moratoire Plus» qui demande que le peuple puisse se prononcer sur la prolongation de l’autorisation d’exploiter une centrale de quarante ans d’âge et «Sortie du nucléaire» qui réclame l’arrêt des centrales après trente ans d’utilisation.
Dans ce contexte, le vote des Bernois, dimanche, aura donc la valeur d’un sondage grandeur nature sur le désir des Suisses d’abandonner définitivement l’usage civil de l’atome.
Olivier Pauchard
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