Cinéma: une taxe pour inciter à la diversité
«La Guerre des Etoiles» ou «Attention (aux chiens)»... Ces deux films n’ont pas les mêmes chances d’être diffusés. Pour rétablir l’équilibre, la nouvelle loi fédérale sur le cinéma prévoit une taxe d’incitation. Qui ne fait pas l’unanimité.
Lors de la procédure de consultation, les partis politiques, quelques rares cantons et les organisations économiques se sont opposés à l’introduction de cette taxe, prévue dans le projet de révision de la loi sur le cinéma. En revanche, vingt cantons et la plupart des producteurs y sont favorables.
La taxe d’incitation à la diversité est un moyen parmi d’autres de soutenir les petits films face aux grandes productions. Selon ses partisans, elle permettrait d’alimenter l’aide au cinéma suisse. Et pourrait contribuer à une meilleure distribution des films suisses dans les salles.
«Le marché se libéralise. Il faut donc rétablir l’équilibre d’une manière ou d’une autre», explique Gérard Ruey de Cab productions, à Lausanne. «Les films dits plus difficiles ont du mal à se faire un chemin au milieu des grands succès qui envahissent les écrans.» Selon le producteur, la taxe peut corriger ce déséquilibre. Par dissuasion.
Les opposants sont d’accord sur le principe. Mais pas sur la méthode. «Il faut soutenir le cinéma suisse», reconnaît Ursula Dubois, porte-parole du Parti socialiste suisse. «Si nous pouvions introduire une taxe anti-Hollywood, nous le ferions. Mais la liberté du marché ne nous le permet pas!»
La taxe d’incitation frapperait les films bénéficiant d’une large diffusion. Même les films suisses, affirme Ursula Dubois. «Et les distributeurs n’hésiteront pas à répercuter ce coût supplémentaire sur les salles, qui ont déjà de la peine à survivre. Entendez par-là que la taxe se répercutera sur le spectateur qui paiera son billet plus cher pour les films à succès.»
Ces divergences concernent uniquement la taxe d’incitation. Les opposants sont globalement favorables au projet de nouvelle loi sur le cinéma. Mais, avant de réviser celle de 1962, le Conseil fédéral entend étudier les deux variantes: avec ou sans taxe. Et il a chargé le département fédéral de l’Intérieur de préparer ces deux projets d’ici au mois d’août.
Alexandra Richard
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