L’intelligentsia mobilisée en faveur d’une Suisse tolérante
Un comité «pour une Suisse tolérante» a lancé un appel au refus de l´initiative voulant limiter le taux d´étrangers en Suisse à 18 pour cent. Près de 500 personnes ont signé ce texte.
Parmi les signataires, on trouve des personnalités issues de la politique (PS et Verts), des syndicats, de la culture, du sport, des Eglises ou des milieux féministes et antimilitaristes. Il y a par exemple le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, la vidéaste Pipilotti Rist et l’ex-footballeur et entraîneur Andy Egli.
Le comité s’oppose fermement à l’initiative «pour une réglementation de l’immigration», septième texte anti-étrangers depuis 1964, a dit Ursula Dubois, porte-parole du PS, lors d’une conférence de presse mercredi à Berne. Un refus net le 24 septembre renforcera les efforts visant à l’instauration d’une politique migratoire cohérente et d’avenir.
Cette initiative ne respecte pas l’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Il est issu de milieux xénophobes et attisant la peur à l’égard des étrangers, selon le comité.
Mais au-delà du scrutin, les signataires de l’appel revendiquent aussi un changement de cap en matière de politique migratoire. Pour eux, l’avenir de la Suisse dépend de son aptitude à cohabiter. Il s’agit donc de favoriser des mesures migratoires qui ne soient pas dictées que par les nécessités économiques et d’assurer l’intégration des migrants.
Les étrangers résidants doivent pouvoir participer activement à la vie publique et politique et bénéficier d’une naturalisation facilitée pour ceux de la deuxième ou troisième génération, précise le texte.
Avec les étrangers, la Suisse ne connaît que les problèmes qu’elle crée elle-même, a relevé la conseillère aux Etats Christiane Brunner (PS/GE). D’ailleurs, sur les 1,38 million d’étrangers résidents en Suisse, 310 000 sont nés en Suisse et 150 000 y vivent depuis plus de 30 ans.
L’initiative dite des 18 pour cent n’est pas seulement arbitraire, elle est raciste, a renchéri la chef du groupe Vert au Conseil national Cécile Bühlmann (PES/LU). Elle part en effet du principe que la «majorité indigène ne peut pas supporter plus d’une dose donnée d’étrangers» et s’inscrit donc dans la mouvance de la théorie des races, selon elle.
Le comité «pour une Suisse tolérante» se lance dans la campagne après le comité «contre l’initiative anti-étrangers». Celui-ci réunit 186 parlementaires fédéraux issus des quatres partis gouvernementaux, des libéraux, des Verts et des membres du parti évangélique.
swissinfo avec les agences
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