La ratification des bilatérales en péril
En faillite, Swissair ne participera pas à la recapitalisation de Sabena. On peut craindre une réaction de colère. Notamment de la part des parlementaires belges qui n'ont pas encore approuvé les accords bilatéraux. Mais la Belgique - qui préside l'Union européenne - pourra difficilement s'opposer à la ratification.
Ce n’est pas de chance. Parmi les trois pays qui n’ont pas encore ratifié le premier «paquet» des accords bilatéraux figure la Belgique. L’accord de la France et de l’Irlande est imminent. En Belgique, trois Parlements doivent encore se prononcer, celui de la Région Flamande, de la Région Wallonne et de la Communauté Française de Belgique.
«Tout sera bouclé pour la fin novembre», avait promis le 19 septembre le Premier ministre belge Guy Verhofstadt au président de la Confédération helvétique Moritz Leuenberger, en visite à Bruxelles. Mais c’était avant la faillite de Swissair et ses conséquences financières sur Sabena.
Garder la tête froide
La Belgique – qui assure la présidence des Quinze – ne pourra pas officiellement retarder la signature du pays. Un tel acte consisterait à ouvrir des représailles avec la Suisse et confondre la Confédération helvétique avec Swissair. L’Union européenne n’a pas à punir la Suisse pour une opération d’ordre privé.
«Il faut espérer que chacun gardera la tête froide», réagit-on à la Mission suisse. Ce qui est en jeu dans les négociations bilatérales n’a rien à voir avec le dossier Swissair-Sabena. Les diplomates suisses soulignent que l’accord sur la libre circulation des personnes présente des avantages aux citoyens suisses comme aux citoyens de l’Union européenne. Il en va de l’intérêt général qu’il soit signé.
L’accord sur la libre circulation des personnes est en effet le seul des sept accords, signés le 21 juin 1999, à être soumis à la ratification des Quinze.
L’image de la Suisse écornée
Mardi, à Bruxelles, on affirmait que l’objectif du Conseil fédéral demeurait la mise en vigueur des accords bilatéraux le 1er janvier 2002. Il n’est cependant pas exclu que les parlementaires belges choisissent de manifester leur mauvaise humeur. Et refusent de signer un accord avec la Suisse. Car l’attitude de Swissair est condamnée avec virulence. «Une trahison de plus», titre le quotidien belge «La Libre Belgique».
L’image de la Suisse est une nouvelle fois écornée. Cela ne facilitera pas non plus la tâche des négociateurs pour le second round des négociations bilatérales.
Barbara Speziali, Bruxelles
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