Les nerfs de SAirGroup mis à l’épreuve en France
La compagnie privée AOM reconnaît avoir été l´objet d´une perquisition de la brigade financière. Le PDG de la filiale française de SAirGroup, Alexandre Couvelaire, serait directement visé par l´enquête en cours.
Officiellement, SAirGroup «garde toute sa confiance à la direction d’AOM et au président de son conseil de surveillance Alexandre Couvelaire». Mais après les difficultés techniques et commerciales de l’été, la position de ce dernier au sein du holding aérien helvétique semble devenir de plus en plus périlleuse.
Le 6 septembre, une perquisition de la brigade financière francaise s’est en effet déroulée au siège de la compagnie à l’aéroport d’Orly, suite au dépôt d’une plainte visant celui qui préside depuis 1996 aux destinées d’AOM. Connu en France pour être un proche du président de la république Jacques Chirac, Alexandre Couvelaire est soupçonné d’avoir fait louer en 1998 par AOM trois Boeings 737 appartenant à Euralair, une petite compagnie aérienne qu’il a lui même créée.
Un contrat de location suspect aux yeux des experts, dans la mesure où la compagnie privée – dont la flotte est essentiellement composée de DC10 et de MD83 – ne semblait pas avoir l’utilité de ces appareils loués plus de trois cent millions de francs pour une durée de cinq ans.
Contactée par swissinfo à son siège de Zurich, la direction de SAirGroup se refuse à porter un jugement sur cette perquisition. Le holding helvétique tient juste à préciser que les faits reprochés sont bien antérieurs «à la prise de contrôle d’AOM par SAirGroup et son allié le groupe Marine Wendel» survenue en 1999.
Mais, au vu des réactions suscitées au sein du personnel d’AOM, par cette descente de police, les dirigeants de SAirGroup pourraient bien être amenés à en tirer assez vite les conséquences. Plusieurs représentants des employés d’AOM soupçonnent ainsi Alexandre Couvelaire d’avoir profité d’AOM pour renflouer Euralair, dirigée depuis son départ par des amis proches.
Dimanche, dans un communiqué, la direction d’AOM a tenu pour sa part à préciser que «la perquisition avait eu lieu suite à la plainte déposée par un pilote déçu». Et «qu’aucune malversation n’avait pu être relevée dans les contrat de location des trois Boeings 737 incriminés».
Richard Werli, Paris
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