Qui sera le nouveau patron du football suisse?
Le nouvel homme fort du football suisse sera élu ce samedi à Berne. Sans déchaîner les passions, si ce n'est par son issue incertaine, le choix par les délégués de l'ASF mettra un terme à l'ère de Marcel Mathier, en poste depuis 1993.
Quatre hommes se présenteront dans la capitale dans la peau d’un candidat. Ralph Zloczower (président de la Ligue nationale), Jean-François Kurz (candidat indépendant), Guido Cornella (1re ligue) et Urs Saladin (ligue amateur) se soumettront aux choix des trois sections du pays, la Ligue nationale, la 1re ligue et la ligue amateur.
Le conseiller en assurances soleurois Urs Saladin (63 ans) part favori, fort des 47 voix sur 101 allouées aux délégués de sa section, contre 28 à la Ligue nationale et 26 à la 1re ligue. Le système de rotation tacite entre les trois sections aurait dû permettre à Guido Cornella (61 ans) de se voir élire. Le pacte ne sera pourtant pas respecté.
L’avocat bernois Ralph Zloczower (68 ans) ne cache pas ses ambitions, mais voit son domaine réservé empiété par Jean-François Kurz (67 ans), qui marche sur ses plates-bandes. Si aucun candidat n’atteint la majorité absolue de 51 voix au premier tour, un second scrutin, où la majorité relative suffira, désignera le nouveau boss de l’ASF.
A la veille du scrutin, Jean-François Kurz a tenté le forcing en détaillant son programme à la presse et en mettant en avant un système mariant financement et marketing devant déboucher pour les trois sections de l’ASF sur de nouvelles recettes se chiffrant en millions. Le banquier vaudois a évoqué des synergies avec d’autres fédérations sportives du pays.
Toutefois, les quatre candidatures n’ont pas vraiment convaincu et, au-delà des querelles partisanes, les délégués auront bien du mal à mettre en exergue les différences dans leurs programmes respectifs. Tous les prétendants estiment que leur sport favori se porte bien, tous plaident pour une meilleure commercialisation des droits, tous font miroiter l’Euro 2008 et tous dépassent la soixantaine. «Pas vraiment un investissement pour l’avenir», estime Sepp Blatter, président de la FIFA.
Un temps pressenti, Carlo Lavizzari ne croit plus en ses chances. L’ancien président de la Ligue nationale s’était mis en réserve de la République, mais son appel du pied n’a pas provoqué de séisme. Le Genevois se rendra bien à Berne en qualité de spectateur. «Je ne vais pas semer encore plus la discorde dans cette bataille de coqs, lâche-t-il. C’est le football qui sort perdant de cette campagne…»
Jonathan Hirsch
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