Terrorisme: la Suisse et les Etats-Unis sur la même longueur d’onde
En visite à Washington, une délégation suisse signe un accord dans le domaine de la protection civile.
Cette délégation, emmenée par l’ambassadeur Philippe Welti, chef de la politique de défense et de sécurité au Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), est la première à se consacrer à la protection civile depuis les attentats du 11 septembre.
Parmi les délégués, figurent Pierre Aepli, commandant des forces de police du canton de Vaud, et Kurt Steiner, chef des sapeurs-pompiers du canton de Zurich. Des entretiens sont prévus mercredi et jeudi à New York avec les autorités de la ville et de l’Etat frappés de plein fouet par les attentats.
Auparavant à Washington, la délégation a signé avec le Département américain de la Défense un document destiné à accroître la coopération bilatérale dans le domaine de la protection du territoire.
Un attaché aux technologies de l’information
Ce texte fait suite au premier accord bilatéral en la matière qui avait été conclu avant la tragédie du World Trade Center et du Pentagone, en avril 1999 par les deux ministres de l’époque, Adolf Ogi et William Cohen.
Selon Philippe Welti, le nouveau document vise notamment à mettre les technologies de l’information au service de la sécurité. Il se traduit en particulier par la création à l’ambassade à Washington d’un poste d’attaché aux technologies d’information.
Le nouveau document, comme les échanges bilatéraux, sont fortement marqués par les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme.
«On discute plus en profondeur de la nature des menaces, et en particulier, de la menace représentée par la bombe radiologique et le terrorisme biologique», déclare en effet à swissinfo Philippe Welti.
«Les Américains prennent très au sérieux la menace pouvant émaner de toutes les formes d’armes de destruction massive», relève de son coté Bernhard Brunner, directeur du laboratoire de Spiez.
L’axe Spiez – Fort Detrick
Le laboratoire de Bernhard Brunner et le laboratoire de l’armée américaine situé à Fort Detrick, dans le Maryland, tissent d’ailleurs des relations suivies dans les domaines de la détection, de la décontamination et des traitements médicaux. Il y a deux semaines, un colloque a ainsi réuni des experts de Fort Detrick au laboratoire de Spiez.
L’amélioration de la protection de la population fait l’objet d’un débat parlementaire en Suisse. Dans ce contexte, «il était important d’analyser comment les Américains ont maîtrisé la crise du 11 septembre et de voir les leçons et les conséquences qu’ils en tirent», explique Philippe Welti.
«Nos entretiens à Washington nous confortent dans l’idée que ce que nous proposons au Parlement constitue la réponse adéquate au problème», ajoute le chef de la politique de défense et de sécurité au DDPS.
Parmi les axes de cette réponse, Philippe Welti souligne la nécessité de développer la collaboration horizontale, entre les différents services fédéraux, et la coopération verticale, entre les autorités fédérales et les cantons.
Différences fondamentales de stratégie
La visite à Washington a aussi permis de constater une différence fondamentale dans les stratégies adoptées pour alerter et canaliser la population en cas d’incident majeur.
«En Suisse, la protection collective de la population est prévue par l’alarme donnée par des sirènes et par l’acheminement vers des abris, alors que les Américains manquent d’un système d’alarme et privilégient l’évacuation», indique à swissinfo Karl Widmer, directeur adjoint du Bureau fédéral de la protection civile.
Aux Etats-Unis en effet, les sirènes sont inexistantes, l’alerte des civils étant confiée aux médias audiovisuels. Un système qui présente des lacunes, en particulier pendant la nuit, et qui, selon les membres de la délégation suisse, inquiète les responsables de la sécurité de la municipalité de Washington.
En tout cas, la concertation bilatérale en matière de protection civile va se poursuivre. Vendredi, Tommy Thompson, secrétaire américain à la Santé, est attendu en Suisse.
Et au mois de juin, le Département suisse de la défense recevra la visite d’une délégation d’hommes politiques américains, comprenant l’ancien sénateur Sam Nunn et le sénateur Richard Lugar, pour des entretiens sur les menaces nucléaires.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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