Trois partis pour une participation fédérale à Swissair
Les partis radical, démocrate-chrétien et socialiste suisses demandent une participation minoritaire de la Confédération dans la nouvelle Crossair. Aucun chiffre n'a encore été articulé. L'Union démocratique du centre (UDC), elle, s'oppose au principe, estimant que la Suisse n'a pas besoin d'une compagnie aérienne nationale.
Après une «discussion animée», radicaux, démocrates-chrétiens et socialistes se sont mis d’accord sur les principes qu’ils entendent soumettre au Conseil fédéral, a dit Christiane Brunner à l’issue de la rencontre vendredi à Berne. La présidente du PS s’est présentée seule devant la presse, ses homologues ayant préféré se rendre à Zurich pour l’enregistrement de l’émission télévisée «Arena».
Crise grave
Trois des quatre partis gouvernementaux jugent que la Suisse ne peut pas se passer d’une compagnie aérienne nationale assurant suffisamment de liaisons intercontinentales. Si aucune compagnie ne reprend le flambeau de Swissair, le pays subira une crise économique grave, a prédit Mme Brunner.
L’UDC ne partage pas cet avis. Pour elle, les liaisons offertes par des compagnies aériennes étrangères suffisent. En outre, le président Ueli Maurer a fait valoir qu’il était inacceptable que les pouvoirs publics essayent de remettre à flot une entreprise privée, a relaté Mme Brunner.
Conditions
PRD, PDC et PS soutiennent de leur côté l’idée d’une participation «minoritaire et subsidiaire» de la Confédération au capital de la nouvelle Crossair. Mais ils posent leurs conditions: le financement doit être assuré en premier lieu par les banques, le reste de l’économie ainsi que les cantons abritant un aéroport.
La nouvelle compagnie devra également proposer un nombre de liaisons permettant de garantir le maintien de l’aéroport de Zurich et sa fonction de hub. Si Kloten est déclassé au rang d’aéroport régional, Bâle et Genève vont en payer les frais, a estimé la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL).
Enfin, les trois partis exigent que la transition jusqu’au lancement de la nouvelle compagnie soit assurée sans nouvelle interruption des vols. La question du coût de la nouvelle Crossair ou d’un plafonnement de la participation fédérale à son capital n’a pas encore été abordée, d’après Mme Brunner.
Réunion mardi
Pour elle, c’est encore prématuré en l’absence du «businessplan». Le PS estime de son côté les besoins en capital-action à quelque 2,7 milliards de francs. Les partis, UDC y comprise, se réuniront une nouvelle fois mardi soir pour peaufiner les détails, «avec ou sans conseillers fédéraux».
«Si on décide qu’on veut une compagnie aérienne, il faut être d’accord d’en payer le prix», a relevé Mme Brunner. Mais quand même pas «n’importe quel prix: la participation de la Confédération n’est pas nécessaire si c’est pour se casser la figure à nouveau dans quelques mois».
Les partis n’ont pas non plus parlé dans les détails du plan social, tout dépendant de l’avenir de la nouvelle Crossair. Ils ont aussi renvoyé à plus tard l’exigence du PDC de mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire (CEP) pour clarifier «l’ensemble des procédures et le rôle des instances fédérales concernées pendant la totalité de la crise».
Il s’agit d’abord de résoudre les problèmes urgents, on débattra ensuite des autres questions, a conclu la présidente du PS.
swissinfo avec les agences
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