La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse

Une réunion à hauts risques pour l’image de la Suisse

La réunion du Forum occupe une place très importante dans le calendrier politique suisse. Keystone

Deux mille des plus importants décideurs de la planète seront réunis, dès jeudi, à Davos. Mais les adversaires du Forum sont bien décidés à jouer les trublions, et cela sous le regard des médias du monde entier. L'un des enjeux: l'image de la Suisse.

Le cocktail de Davos semble dosé pour créer l’événement: une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, des dizaines de ministres, des vedettes du monde économique, mais aussi des intellectuels et des artistes. Un cadre à la hauteur, en plein cœur des Alpes. Ajoutez à cela encore un demi-millier de journalistes, venus du monde entier.

Le gouvernement suisse ne s’y trompe pas. La réunion du Forum «occupe une place très importante dans le calendrier politique suisse», juge le Conseil fédéral, dans sa réponse à la question d’un député. Il dépêche d’ailleurs cette année à Davos quatre de ses membres, emmenés par le président de la Confédération Moritz Leuenberger.

«C’est chaque année l’occasion de s’entretenir avec des dizaines de chefs d’Etat ou de gouvernement, de ministres, de représentants des différents milieux économiques ou culturels du monde entier, explique le porte-parole du Conseil fédéral, Achille Casanova. Et ces relations personnelles prennent toujours plus d’importance dans la politique».

Mais, cette année, la réunion se déroulera dans un climat très électrique. En effet, les opposants à la mondialisation se sont également donnés rendez-vous à Davos. Certains organisent des débats, visent un dialogue critique avec les participants. Mais d’autres sont bien décidés à perturber le Forum. Et appellent notamment à une manifestation sauvage, samedi prochain.

Il n’en pas fallu plus pour que le Département d’Etat américain – le ministère des Affaires étrangères – publie, à la fin de la semaine passée, un avertissement demandant aux citoyens US d’être prudents et d’envisager de différer un éventuel déplacement à Davos durant la tenue du Forum. La Suisse se retrouve ainsi aux côtés d’Etats comme le Kirghistan, le Timor, les Philippines ou le Laos.

C’est peut-être la conséquence des événements survenus l’année passée, lorsqu’une manifestation non-autorisée avait débouché sur des heurts avec les forces de l’ordre. Certains médias américains avaient alors suggéré que la sécurité de leur président – présent ce jour-là à Davos – avait été compromise. Des accusations réfutées par la police grisonne.

Cette année, les autorités ont pris des mesures de sécurité exceptionnelles. Aux forces de police grisonnes viennent s’ajouter des contingents venus d’autres cantons. La Confédération, de son côté, envoie sur place 300 gardes-fortifications, des soldats professionnels, ainsi que du matériel et des véhicules, des hélicoptères, notamment.

«Nul autre événement ne permet à la Suisse de s’offrir une pareille présence internationale», affirme le Conseil fédéral. Mais si Davos tournait mal? «Le véritable enjeu est pour la Suisse, avance Claude Smadja, directeur opérationnel du Forum. Si l’image d’une Suisse qui ne peut plus assurer la quiétude et le bon ordre d’une réunion internationale se répand, le dommage sera énorme»

Pierre Gobet

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision