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La Birmanie sur le banc des accusés à Genève

Au Myanmar, les manifestations sont devenues invisibles depuis quelques jours.

(Keystone)

Les informations alarmantes de torture et d'exécutions sommaires font craindre le pire en Birmanie. Comme d'autres pays, la Suisse a fait part de son inquiétude lors d'une session spéciale du Conseil des droits de l'homme.

Réunis mardi à Genève, les 47 Etats membres de l'organisation onusienne ont adopté une résolution demandant aux autorités birmanes de faire preuve de la plus grande retenue et de libérer les personnes arrêtées.

Cette résolution demande également au rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sergio Pinheiro, de se rendre sur place pour faire toute la lumière sur les événements.

Le texte présenté par l'Union européenne a été adopté par consensus. Il exhorte aussi le gouvernement birman à garantir la liberté d'expression et à assurer l'accès sans entraves à l'information.

«Nous rappelons aux autorités birmanes qu'elles sont garantes de l'intégrité physique et morale des personnes arrêtées», a déclaré dans l'après-midi l'ambassadeur de Suisse auprès de l'ONU, Blaise Godet.

Il a aussi demandé la libération immédiate de tous les manifestants pacifiques, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques. Blaise Godet a appelé le Conseil des droits de l'homme à démontrer sa capacité à réagir rapidement et à adresser «un message clair» aux autorités birmanes.

Visites du CICR

La Suisse s'est déclarée en outre préoccupée par la situation humanitaire prévalant en Birmanie. Elle a invité le gouvernement birman à autoriser le CICR à reprendre l'ensemble de ses activités sur tout le territoire.

L'ambassadeur Blaise Godet a également invité les autorités à faciliter l'accès des organisations humanitaires aux personnes dans le besoin.

«La Suisse considère la récente visite d'Ibrahim Gambari comme un développement positif. Elle encourage le gouvernement à poursuivre sa coopération avec l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU», a encore déclaré Blaise Godet.

La Suisse s'attend «à ce que la même disponibilité soit démontrée à l'égard du rapporteur spécial», Paulo Sergio Pinheiro. Elle demande aux autorités de Rangoun «de le recevoir dans les meilleurs délais», a conclu l'ambassadeur. La Suisse a soutenu l'organisation de la session spéciale du Conseil sur la Birmanie.

Manifestants invisibles

Depuis que les manifestants sont devenus invisibles en Birmanie, l'inquiétude ne fait que croître, a pour sa part affirmé la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Louise Arbour.

«Les autorités birmanes ne doivent plus croire que leur isolement les empêche de rendre des comptes», a-t-elle encore déclaré à l'ouverture des débats sur un projet de résolution de l'Union européenne condamnant la répression en Birmanie.

Elle a dénoncé la réaction «choquante» des autorités et a rendu hommage aux moines et aux citoyens qui ont manifesté pacifiquement. Elle a appelé les pays de la région à «exercer leur influence» pour défendre les droits de l'homme en Birmanie.

Blackout imposé aux medias

De son côté, le rapporteur spécial de l'ONU pour les droits de l'homme en Birmanie, Paulo Sergio Pinheiro, a estimé que «le récent blackout imposé aux médias et à l'internet n'est que le dernier exemple des moyens répressifs et intolérables utilisés par les autorités».

«L'incapacité de la communauté internationale à empêcher le massacre qui a suivi le soulèvement populaire de 1988, faisant plus de 3000 morts parmi les manifestants, ne doit pas se répéter», a-t- il averti.

Il s'est déclaré prêt à se rendre en Birmanie pour enquêter. Beaucoup d'interrogations demeurent, a-t-il souligné, sur le nombre de victimes, le nombre des arrestations, le sort des personnes détenues.

Un prétexte pour une intervention extérieure

L'ambassadeur birman à Genève, U Nyunt Swe, a répliqué en assurant que les manifestations d'opposants étaient soutenues « financièrement et matériellement par des éléments anti-gouvernementaux à l'intérieur du pays » et à l'extérieur afin de créer «un prétexte pour une intervention extérieure».

«Les manifestations sont l'occasion, attendue depuis longtemps, par certains pays occidentaux pour ouvrir la voie à une intervention dans le pays», a-t-il précisé, en accusant les médias internationaux «de gonfler les événements de manière disproportionnée».

Le représentant de la Russie a aussi abondé dans ce sens en estimant que la situation humanitaire est loin d'être catastrophique en Birmanie.

Enfin pour sa part, l'ambassadeur de Chine a demandé à «toutes les parties de faire preuve de retenue» et s'est borné à souligner le soutien de Pékin aux «efforts de médiation du secrétaire général de l'ONU (Ban Ki-moon) et de son envoyé spécial Ibrahim Gambari» qui a conclu mardi une visite en Birmanie.

swissinfo et les agences

En bref

Ancienne colonie britannique, la Birmanie (officiellement l'Union du Myanmar depuis 1989) obtient son indépendance en 1948. En 1962, un coup d'état conduit par le général Ne Win met un terme aux velléités démocratiques du jeune gouvernement.

Depuis 45 ans, la Birmanie vit sous le joug de la dictature militaire. La suppression des partis politiques, la nationalisation de l'économie et une dure répression de toute forme de liberté isolent le pays du reste du monde.

En 1988, la junte militaire réprime par la force un mouvement de protestation estudiantine qui a duré quelques semaines. Plusieurs milliers de personnes sont tuées et les responsables du soulèvement sont condamnés à de longues peines d'emprisonnement.

En 1990, des élections libres sont organisées et remportées à plus de 80% par la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), emmenée par le Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. Mais la nouvelle junte en place refuse de céder le pouvoir et arrête les leaders de la NLD dont Aung San Suu Kyi, qui vit aujourd'hui en résidence surveillée.

Après l'annonce subite d'une augmentation très significative du prix des carburants à la mi-août 2007, les Birmans sont descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement. Le mouvement a été emmené par les moines.

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, les manifestations ont été réprimées par la force et dans le sang par la junte militaire au pouvoir.

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Rencontre avec deux leaders

L'envoyé spécial de l'ONU Ibrahim Gambari a rencontré mardi le général et numéro un de la junte birmane, Than Shwe, afin de tenter de trouver une solution négociée à la crise dans laquelle se trouve le pays.

Ibrahim Gambari a également rencontré une seconde fois Aung San Suu Kyi, figure charismatique de l'opposition et Prix Nobel de la paix qui a vécu 12 des dernières 18 années assignée à résidence.

Les manifestations de la semaine dernière ont coûté la vie à au moins 13 personnes (des sources proches des milieux dissidents parlent de près de 200 morts) et environ 6000 manifestants auraient été arrêtés.

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