Le destin de l’initiative «1:12» n’est pas encore scellé

Partisans et adversaires de l'initiative «1:12» ont encore un peu plus d'un mois pour convaincre. Keystone

Equilibre pour l’initiative «1:12 - Pour des salaires équitables», avantage pour la loi sur la vignette autoroutière et large consensus pour l’initiative sur les familles. Les données du premier sondage SSR en vue du 24 novembre suscitent un peu de surprise, mais la campagne n’est pas encore entrée dans le vif du sujet.

Ce contenu a été publié le 18 octobre 2013 - 16:55
swissinfo.ch

C’est une situation de parfaite égalité pour l’initiative populaire en faveur d’une plus grande équité salariale, selon le premier sondage réalisé par l’Institut gfs.bern pour le compte du diffuseur national SRG SSR. Selon cette enquête d’opinion réalisée entre le 1 et le 12 octobre, 44% des personnes interrogées se sont déclarées favorables à cette proposition lancée par la Jeunesse socialiste. La part des opposants est identique, tandis que les indécis sont encore 12%.

Cet équilibre devrait stimuler la campagne politique autour de l’objet le plus combattu des trois soumis au verdict populaire le 24 novembre. Promoteurs et adversaires du texte y voient en effet un enjeu social et économique de grande importance.

Pour la gauche et les syndicats, qui soutiennent l’initiative, il s’agit de corriger, de manière radicale, des disparités salariales devenues insupportables. A l’avenir, la rétribution la plus élevée ne devrait pas être plus de douze fois supérieure à la plus basse au sein d’une même entreprise.

Selon la Jeunesse socialiste, un manager gagne de nos jours en moyenne 43 fois plus qu’un collaborateur moyen. Des différences qui non seulement porteraient préjudice à la cohésion sociale, mais aussi aux performances des entreprises: beaucoup de dirigeants perçoivent des salaires et des bonus chiffrés en millions, alors que leur entreprise se trouve en période de crise.

Gauche trop isolée

Mais en cas d’acceptation de l’initiative, les conséquences économiques et sociales annoncées par les opposants sont encore plus lourdes. Le plafond salarial proposé pousserait beaucoup d’entreprises à délocaliser leurs activités à l’extérieur et aurait un effet dissuasif marqué pour les entreprises et les managers intéressés à s’installer en Suisse. Avec pour conséquences finales des pertes d’emplois et des pertes de recettes pour les impôts et les assurances sociales, au détriment des couches les moins favorisées.

Malgré les chiffres présentés par le sondage, l’initiative de la Jeunesse socialiste ne semble pas avoir beaucoup de chances de succès. «Pratiquement aucune initiative ne passe l’écueil des urnes si elle ne part pas avec une claire majorité dès le premier sondage», rappelle Claude Longchamp, responsable de l’Institut gfs.bern. Par ailleurs, l’histoire montre que la gauche a rarement réussi à prendre le dessus lorsqu’elle se retrouve seule face aux forces du centre et de la droite.

On peut par ailleurs s’attendre à ce que les «partis bourgeois» et les milieux économiques sortent le grand jeu au cours des prochaines semaines pour éviter une autre défaite mortifiante, après celle subie en mars dernier avec l’acceptation de l’initiative «Contre les rémunérations abusives». Ce texte du sénateur et petit entrepreneur Thomas Minder proposait cependant des solutions moins drastiques et plus libérales pour lutter contre les très hauts salaires des managers.

Sympathie pour les familles

Le sort de l’initiative «Pour les familles» est plus incertain. Cette proposition demande que les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants à la maison bénéficient de déductions fiscales au moins égales à celles des familles qui, contre payement, confient la garde de leurs enfants à des tiers.

Ce texte proposé par l’Union démocratique du centre (UDC / droite conservatrice) dispose actuellement d’une large majorité. Le 64% des personnes interrogées y sont favorables, alors que 2% y sont hostiles et que 11% n’ont pas encore d’opinion. Cet avantage n’est cependant pas jugé décisif par les experts de gfs.bern, car la plupart des initiatives populaires perdent 10% à 15% au moins de leurs partisans au cours des dernières semaines précédant le vote.

Jusqu’à présent, les opposants n’ont pas beaucoup fait entendre leurs arguments, parmi lesquels celui qui consiste à dire que le projet favoriserait surtout les familles aisées qui peuvent se permette de vivre seulement d’un seul revenu. Mais ces arguments ne sont pas faciles à faire passer: les améliorations de la politique familiale jouissent généralement d’une grande sympathie, même s’ils se limitent au modèle de la famille traditionnelle, comme c’est le cas dans l’initiative de l’UDC.

Le fait de ne pas avoir trouvé d’alliés de poids pèse cependant sur les chances de succès de l’UDC.

Le sondage

Pour ce sondage, l’Institut gfs.bern a interrogé un échantillon représentatif de 1215 personnes entre le 7 et le 12 octobre.

Pour des raisons liées à la protection des données, les sondeurs n’ont pas accès aux coordonnées des Suisses résidant à l’étranger.

La marge d’erreur est de +/- 2,9%.

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Opinions claires sur la vignette

La réponse des urnes semble incertaine pour le troisième objets soumis au vote, une modification de loi qui prévoit d’augmenter le prix de la vignette autoroutière des 40 à 100 francs par an. Le projet, approuvé par le gouvernement et le Parlement, prévoit également l’introduction d’une vignette d’une durée de deux mois pour les touristes, au prix de 40 francs.

Selon le sondage, 53% des personnes interrogées sont favorable à l’augmentation. Mais elle est refusée par 41% et 6% des sondés sont encore indécis.

«L’écart n’est pas très grand, mais sur cette question, la majorité des citoyens semble déjà avoir un opinion claire, comme le montre le faible taux de personnes encore indécises», relève Claude Longchamp. Cette prise de position rapide s’explique aussi par le fait que cette question d’augmentation de vignette semble beaucoup moins complexe que les deux autres objets en votation.

Les argument de la campagne tournent principalement autour de deux messages. Selon ses partisans, l’augmentation est nécessaire pour continuer à profiter de routes bonnes et sûres. Dans le camp du refus, les écologistes se battent contre l’expansion du réseau routier, alors que les associations automobiles et l’UDC s’élèvent contre de nouvelles taxes et l’augmentation de celles qui existent déjà.

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