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Plus d'émotion dans le calcul des risques

Ceux qui calculent les risques – d'un placement en bourse par exemple – ne le font pas de la même manière selon qu'ils rêvent de toucher la timbale ou qu'ils craignent de perdre gros. C'est le constat d'une étude de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et du California Institute of Technology.

Publiée le 12 mars dans le «Journal of Neuroscience», l'étude montre que l'émotion entre davantage en jeu que la raison dans le calcul des risques.

Les chercheurs ont mis en évidence une corrélation entre l'activation de certains neurones et des erreurs mathématiques de prévision des risques. Et ces neurones sont localisées dans une partie du cerveau où sont intégrées les informations sur les sentiments émotionnels.

«Contrairement à la théorie de Descartes, l'émotion pourrait être un élément constitutif de la rationalité: son but serait de mesurer le risque dans l'environnement», a expliqué Peter Bossaerts, du Laboratoire de prise de décisions dans l'incertitude, à l'EPFL, et auteur principal de l'article.

Ces recherches permettent de mieux comprendre pourquoi certains risques, notamment financiers, sont parfois mal estimés. Dans un environnement incertain, le sentiment de risque engendre souvent une réaction «anormale», qui peut aller de l'euphorie, en cas de sous-estimation du risque, jusqu'à la panique, voire la dépression, en cas de surestimation.

«Nous disposons désormais d'une entrée pour commencer à mieux comprendre comment nous apprécions le risque», a ajouté le professeur Bossaerts. L'équipe prévoit de poursuivre son étude à l'aide de recherches auprès de joueurs invétérés et de courtiers du monde de la finance.


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