Après la victoire de la droite populiste, le dilemme de la classe politique suisse
Elle doit décider si elle veut renforcer la position du parti conservateur-nationaliste UDC au gouvernement, au risque de faire éclater une alliance politique qui préside aux destinées de la Suisse depuis quarante ans.
Elle doit décider si elle veut renforcer la position du parti conservateur-nationaliste UDC au gouvernement, au risque de faire éclater une alliance politique qui préside aux destinées de la Suisse depuis quarante ans.
Tout le monde savait depuis longtemps que l’UDC serait le vainqueur de ces élections. Mais personne ne pensait vraiment que l’actuelle formule de gouvernement – qui veut que les trois plus grands partis du pays aient chacun deux ministres, l’UDC plus à droite n’en ayant qu’un – était sérieusement menacée.
Depuis que la Suisse est un Etat moderne, c’est-à-dire depuis un peu plus de l50 ans, les membres du gouvernement ont en effet pratiquement toujours été réélus – pour une période de quatre ans – aussi longtemps qu’ils avaient la confiance de leur parti et qu’ils souhaitaient être réélus. Il y a certes eu au cours des années quelques modifications de la composition politique du gouvernement (en fait, il n’y en a eu que sept). Mais la tradition veut que ces modifications coïncident, chaque fois, avec le départ volontaire d’un ou de plusieurs ministres.
Or, actuellement, aucun ministre n’a l’intention de démissionner. Et il y avait donc, avant les élections, assez peu de raisons de penser que la Suisse allait connaître une véritable crise gouvernementale.
Fondamentalement, la situation est aujourd’hui la même. Mais l’ampleur de la victoire de l’UDC et le fait que les Démocrates-Chrétiens, contrairement à toute attente, n’aient pas perdu de sièges, provoquent depuis deux jours toutes sortes de spéculations. On évoque, par exemple, l’éventuel remplacement d’un des deux ministres socialistes par un représentant de l’UDC. Ce qui pourrait signifier le départ forcé de l’actuelle présidente de la Confédération et ministre de l’intérieur, Ruth Dreifuss, détestée par la droite.
On n’en est pas là, pour l’instant, puisque l’élection du gouvernement par le Parlement aura lieu le 15 décembre. Mais il faut s’attendre d’ici là – et c’est presque une première dans l’histoire récente de la Suisse – à pas mal de péripéties.
Michel Walter
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