Congrès de l’Internationale socialiste à Paris : le PSS choisit Lionel Jospin
La déclaration finale adoptée ce mercredi à Paris laisse béantes les divergences entre les «nouvelles voies» social-démocrates. Les socialistes suisses tentent de faire la synthèse.
La déclaration finale adoptée ce mercredi à Paris laisse béantes les divergences entre les «nouvelles voies» social-démocrates. Les socialistes suisses tentent de faire la synthèse.
Plutôt Lionel Jospin, sans toutefois rejeter en bloc le New Labour de Tony Blair! Une fois de plus la sensibilité suisse se distingue par un refus affirmé de toute caricature. «Nous avons en matière de politique économique, un programme proche de la compréhension du rôle de l’Etat tel que formulé par Lionel Jospin», souligne Jean-François Steiert, qui participait à Paris au XXIe Congrès de l’Internationale socialiste (IS). Mais le secrétaire général du Parti socialiste suisse (PSS) s’empresse de nuancer : la «troisième voie» de Tony Blair n’est pas nécessairement synonyme de déréglementation. «Tony Blair a considérablement augmenté les dépenses de l’Etat en matière de santé, affirme Jean-François Steiert. C’est là une position qui correspond aussi à celle de notre parti». Un Etat fort qui garantit également un service public fort.
Il faut dire qu’après une trop longue absence de la scène internationale, le PSS tente un come-back difficile en collant notamment aux joutes idéologiques qui traversent la sociale-démocratie à l’échelle planétaire. L’arrivée aux affaires d’Ursula Koch facilite grandement les choses. La Zurichoise parait en effet plus sensible que Peter Bodenmann, son prédécesseur à la tête du PSS, à la nécessité de jouer un rôle plus actif sur la scène internationale. «Nous avons une place à prendre, souligne Jean-Philippe Jeannerat, Secrétaire romand du PSS. La prochaine phase sera décisive pour la Suisse. Il s’agit de l’intégration européenne». Le PSS serait donc en train de muer. Fini le syndrome du confinement aux seuls grands débats helvéto-suisses. La montée en puissance du populisme blochérien – isolationniste – explique sans doute la volonté de tisser un réseau de relations en Europe et dans le monde.
Le XXIe Congrès de l’IS s’est conclu ce mercredi par une déclaration finale sans grand relief. Les quelque 170 responsables, présents à Paris, ont préféré minimiser leurs divergences sémantiques pour afficher leur volonté d’assurer un «progrès global» face aux défis de la mondialisation et d’entretenir avec le capitalisme une «relation critique». Les tenants du «centre-gauche» – ou de la «troisième voie» – et ceux qui se réclament explicitement du «socialisme démocratique» ont affiché une unanimité de façade. Sans pour autant briser le mur idéologique qui les sépare.
Jugurtha Aït-Ahmed
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