Déchets dangereux: la Suisse préside la conférence de Bâle
La 5e Conférence internationale sur le commerce des déchets spéciaux s'est ouverte lundi. Elle a élu le Suisse Philippe Roch à sa présidence. Elle devra, notamment, adopter un protocole sur la responsabilité civile.
La 5e Conférence internationale sur le commerce des déchets spéciaux s’est ouverte lundi. Elle a élu le Suisse Philippe Roch à sa présidence. Elle devra, notamment, adopter un protocole sur la responsabilité civile.
Ce n’est pas par hasard que cette conférence se tient dans la cité suisse des bords du Rhin. Il y a dix ans, c’est là qu’avait été adoptée la Convention de Bâle dont on attendait qu’elle amène un peu d’ordre dans le commerce anarchique et sans frontières des déchets dangereux et toxiques. Les résultats sont plutôt encourageants: de nombreux pays pratiquent aujourd’hui un contrôle plus efficace du trafic et de l’élimination de ces matériaux nuisibles à la santé et à l’environnement. Mais il reste beaucoup à faire et la première tâche de cette Conférence sera précisément de fixer les objectifs des dix prochaines années.
Philippe Roch, directeur de l’Office fédéral de l’environnement et président de la Conférence, insiste beaucoup sur la coopération avec les pays en développement et les pays en transition. Les aider à se doter des compétences et des moyens de gérer leurs déchets toxiques de façon plus écologique devrait être, selon lui, l’une des grandes priorités des années à venir. La croissance économique de ces pays ne fera d’ailleurs que renforcer l’urgence et l’importance de cette entraide.
La seconde ambition de la Conférence consiste en un projet de protocole à la Convention en matière de responsabilité civile. Cet amendement est en discussion depuis plusieurs années. C’est le moment ou jamais de se mettre enfin d’accord sur un système de dédommagement et de compensation pour les accidents qui surviennent lors du transport ou de la mise en décharge de déchets dangereux.
La Convention de Bâle est concrète. Elle remplirait tout à fait ses objectifs si tous les pays en appliquaient les dispositions, s’ils s’efforçaient de diminuer la production de déchets et s’ils ne s’en débarrassaient plus hors de leurs frontières. Les pays industrialisés, il y a cinq ans, s’étaient engagés à ne plus en exporter vers les pays en développement. Mais, faute de ratifications nécessaires, cet accord n’a toujours pas force de loi. Seuls quelques pays, dont la Suisse, ont pris la décision de le mettre en pratique sans attendre.
Bernard Weissbrodt
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.