Forum économique mondial: un Davos marqué par Seattle
Fin mardi de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos. Une 30e édition durant laquelle les participants n’ont cessé d’évoquer, et d’invoquer, l’échec, en décembre dernier, de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce.
Fin ce mardi de la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos. Une trentième édition durant laquelle les participants n’ont cessé d’évoquer, et d’invoquer, l’échec, en décembre dernier, de la réunion ministérielle de l’OMC.
Dès le premier jour de ce Forum, le ton était donné par le président de la Confédération, Adolf Ogi. Il a relevé dans son discours d’ouverture les progrès de l’économie et de la globalisation, mais aussi le sentiment d’impuissance de la majorité des gens face à ce processus. D’où les protestations exprimées à Seattle.
Davos, cette année, a donc été l’occasion de faire le point, après cet échec de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce. La référence à Seattle, on l’a retrouvée sur presque toutes les lèvres. A noter d’ailleurs le succès rencontré ici par deux expressions, répétées à l’envi: Seattle tantôt «débâcle», tantôt «signal d’alarme».
A l’heure de faire le point sur l’état de la planète, on s’est bien sûr rendu à l’évidence: la crise asiatique est derrière nous et les perspectives économiques mondiales sont bonnes. Mais Seattle, l’échec diplomatique, ou encore les manifestations anti-OMC, sont venus rappeler que le processus de mondialisation fait des dégâts et qu’une résistance commence à s’organiser.
Conséquence: l’un des grands soucis du Forum aura été de dégager une manière responsable de poursuivre la mondialisation, c’est-à-dire en prenant en compte les aspects sociaux, environnementaux tout en restant attentifs aux besoins des pays en développement. Les deux prophètes du libéralisme planétaire que sont Tony Blair et Bill Clinton se sont, tous deux, fait l’écho de ces préoccupations.
Autre élément marquant: l’irruption de la rue et d’une critique virulente face au compromis que produit le Forum, entre businessmen, politiques et intellectuels. Pas de «remake» de Seattle malgré la manifestation qui, samedi, a volé en partie la vedette au président Clinton. Mais Davos va sans doute à l’avenir devoir compter avec ce type de pressions.
Les ONG, les organisations non gouvernementales, sont également entrées en scène pour de bon. Elles sont bien décidées, lors des prochaines éditions du Forum, à continuer de faire entendre leurs voix. Tirant le bilan de cette édition, elles ont regretté que le Forum n’ait pas débouché sur une redéfinition des politiques économiques, préférant «réchauffer de vieilles recettes».
Pierre Gobet
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