La guerre des notes frappe uniquement le canton de Vaud
Les libéraux vaudois ont lancé lundi une initiative pour le retour des notes à l'école. Un débat qui ne touche que l'école vaudoise. Plusieurs cantons romands appliquent déjà l'évaluation non-chiffrée. En toute sérénité.
Débat sans fin, querelles politiques, cris d’alarme des parents d’élèves… La réforme, baptisée Ecole vaudoise en mutation (EVM), fait une fois encore parler d’elle. Après les radicaux, les libéraux lancent à leur tour une initiative pour demander le retour des notes à l’école.
Face aux pressions, les autorités elles-mêmes ont dû remettre le système en question. «Il est théoriquement satisfaisant et progressiste, commente Philippe Martinet, délégué à la mise en œuvre d’EVM. Mais il est compliqué. Les parents ont perdu leurs repères. La note, c’était un peu le salaire de la famille.»
Chose étrange, la guerre des notes ne frappe que le canton de Vaud. Neuchâtel, Fribourg et Genève appliquent déjà l’évaluation non-chiffrée. Là, le système s’est mis en place en douceur. Et dans la sérénité.
Neuchâtel a commencé à supprimer les notes en 1974 déjà. Elles ont été remplacées par les mentions «bien», «suffisant» et «insuffisant» pour la 1re et la 2e année. Aujourd’hui, tous les élèves de l’école primaire sont convertis. Pour l’instant, les notes sont conservées au niveau secondaire, mais le canton envisage d’étendre le système à toute l’école obligatoire.
Même principe de base à Fribourg. La scolarité est découpée en cycles de deux ans jusqu’à la 6e année. Les trois premiers semestres de chaque cycle sont jugés en objectifs atteints ou non. Les derniers sont évalués par des notes.
Et, là encore, la réforme s’est faite progressivement. Et en douceur. Le secret? «Nous avons travaillé sur quinze ans et nous n’avons jamais changé le système d’évaluation pour des élèves qui étaient en cours de scolarité», explique Michel-Claude Schneuwly, chef du service fribourgeois de l’enseignement primaire.
Pendant que les autres cantons romands préparaient le terrain, Vaud, lui, restait fidèle aux notes. «Nous nous sommes endormis et ensuite, nous avons dû intervenir avec un remède de cheval pour rattraper le retard», reconnaît Philippe Martinet. Le changement a été brutal. Il a désorienté à la fois les parents et les enseignants.
De plus, ce changement s’est fait au mauvais moment – au temps des économies. Et au mauvais endroit. L’évaluation non-chiffrée a été introduite au niveau des 5e et 6e années, les plus sensibles puisque c’est là qu’intervient la sélection.
Le DFJ doit publier prochainement un bilan intermédiaire et une contre-proposition au système actuel. Le département préconise notamment une meilleure information auprès des parents. Et une formation affinée pour les enseignants. Avec l’espoir de ne pas devoir revenir au système des notes.
Alexandra Richard
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