Le Tessin tire la langue
Au Tessin, l'agriculture et l'environnement payent un lourd tribut au froid et à la sécheresse qui dure depuis bientôt trois mois.
Certes, le Tessin est coutumier des hivers secs et ensoleillés, très souvent suivis par des printemps plutôt humides. Mais, jamais, depuis cent ans, le mois de décembre n’aura été aussi sec.
Au sud des alpes, les dernières vraies précipitations remontent en effet à 90 jours. Le précédent record remonte à l’hiver 88-89, avec 77 jours consécutifs sans aucune pluie.
Pire, aucune précipitation n’est prévue à court, voire à moyen terme. Et, excepté la région d’Airolo, la neige se fait très rare quasiment dans tout le canton. Au printemps, les sources de montagne risquent donc de ne pas être suffisamment alimentées.
Pollution en Léventine et à Chiasso
Résultat: l’approvisionnement en eau laisse sérieusement à désirer, surtout dans la région du Mendrisiotto (sud). Où des communes ont d’ailleurs fermé la plupart des fontaines et interdit l’utilisation d’eau courante pour laver les voitures et les pas de porte.
D’ailleurs, le Mendrisiotto souhaite la construction d’un aqueduc pour pouvoir approvisionner les ménages de la région avec l’eau du lac de Lugano.
Beaucoup plus sérieusement, cette sécheresse favorise les incendies qui ravagent des forêts dans tout le canton. Des feux généralement dus à la négligence.
Quant aux cultures, elles commencent, elles aussi, à souffrir de la pénurie d’eau. «Le prix des salades indigènes a fortement augmenté», confirme Tiziano Pedrinis, porte-parole de l’Union tessinoise des agriculteurs. Qui craint pour la pousse du blé si la météo ne change pas dans les semaines qui viennent.
Enfin, cette météo exceptionnelle a également des conséquences sur la qualité de l’air. Notamment, en Léventine et à Chiasso, où le taux de dioxyde de carbone (NO2) a dépassé, à plusieurs reprises, les limites maximales fixées par l’Ordonnance fédérale.
La commune de Chiasso a, par exemple, enregistré des taux dépassant largement 50 microgrammes par mètre cube. Et, de l’autre côté de la frontière, certaines localités ont même des pollutions de 100 microgrammes par mètre cube.
Gemma d’Urso, Lugano
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