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Lutte contre la drogue: une agence de l’ONU épingle la Suisse

Dans son rapport annuel, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) critique notamment la distribution d’héroïne sous contrôle médical pratiquée en Suisse. L’agence onusienne s’oppose également à la dépénalisation du cannabis.

Dans son rapport annuel, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) critique notamment la distribution d’héroïne sous contrôle médical pratiquée en Suisse. L’agence onusienne s’oppose également à la dépénalisation du cannabis.

La critique principale qu’adresse l’agence de l’ONU à la Suisse concerne la distribution sous contrôle d’héroïne et la mise en place de locaux où les toxicomanes peuvent s’injecter ce dérivé de l’opium avec des seringues stériles.

Ce reproche est déjà ancien et s’adresse également à l’Allemagne, l’Espagne, le Luxembourg et l’Australie. Mais, cette année, l’OICS fonde ses critiques sur une étude du cas suisse par un groupe d’évaluation externe. Ce groupe conclut qu’il n’est pas prouvé que l’amélioration de l’état de santé des toxicomanes au bénéfice de ces programmes soit liée à la distribution d’héroïne. Ces experts estiment également que même lorsque la prescription de la méthadone (produit de substitution à l’héroïne) a échoué, aucun élément ne permet de penser que la prescription d’héroïne donne de meilleurs résultats.

En conséquence, l’OICS recommande aux autres pays concernés de ne pas suivre l’exemple helvétique.

L’Office fédéral de la santé – l’organisme suisse en charge de ce dossier – rétorque qu’on ne peut pas analyser un point particulier de ces programmes de distribution. Ces programmes sont conçus comme un tout et la prescription d’héroïne ne permet pas à elle seule d’aider les toxicomanes. Il s’agit donc, selon l’Office fédéral, d’un malentendu.

L’OICS fustige également la tolérance dont jouit le cannabis et la tentation d’en légaliser l’usage. Or, là aussi, la Suisse va à contre-courant de l’agence onusienne. Une majorité de cantons et la plupart des partis sont en effet favorables à une forme ou une autre de dépénalisation du cannabis. Le Conseil municipal genevois vient même de se prononcer en faveur d’un commerce contrôlé du chanvre.

Mais ça n’est pas tout. L’agence de l’ONU s’inquiète d’un arrêt du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire suisse, considérant l’ecstasy – un psychotrope de synthèse – comme une drogue douce et dont l’usage ne conduit généralement pas à un comportement criminel. L’agence remarque enfin que la Suisse est particulièrement touchée par la consommation abusive de champignons hallucinogènes.

En d’autres termes, l’OICS semble critiquer l’approche pragmatique développée par la Suisse et d’autres pays européens. Une approche fondée sur l’échec des politiques exclusivement répressives en matière de drogue.

Frédéric Burnand

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